Flavonols
Les flavonols forment l’une des grandes sous-familles des flavonoïdes, eux-mêmes rangés parmi les polyphénols. Les plus étudiés sont le kaempférol, la quercétine et la myricétine ; on leur rattache ici l’isorhamnétine, proche parente de la quercétine. C’est une famille très ancienne, présente déjà chez les mousses. Sur ce site, ils sont cités dans 258 fiches de plantes, en particulier chez les Astéracées, les Lamiacées et les Apiacées.
I. Ce qui les rassemble
Les flavonols ont le squelette commun à tous les flavonoïdes : deux cycles aromatiques reliés par un cycle central qui contient un atome d’oxygène. Leur cycle central porte une double liaison entre les carbones 2 et 3, une fonction cétone en position 4 et, c’est leur signature, un groupe hydroxyle (–OH) en position 3. Sans ce groupe, on obtient une flavone : le kaempférol et l’apigénine ne diffèrent que par lui.
D’un flavonol à l’autre, c’est surtout le cycle latéral qui change. Le kaempférol y porte un groupe hydroxyle, la quercétine deux et la myricétine trois. L’isorhamnétine est une quercétine dont l’un des deux groupes hydroxyle du cycle latéral est remplacé par un groupe méthoxy (–OCH3) ; sa formule brute est C16H12O7. Une revue de 2020 la compte parmi les principaux constituants actifs des fruits de l’argousier et des feuilles du ginkgo. Dans la plante, les flavonols peuvent être liés à des sucres, comme la rutine, qui est une forme sucrée de la quercétine.
II. Leur rôle dans la plante
Les flavonols forment une branche très ancienne des flavonoïdes. Une revue de 2011 rappelle qu’on a trouvé chez les mousses et les hépatiques l’ensemble des gènes nécessaires à leur fabrication, et que cette voie est restée intacte pendant des millions d’années, alors que l’évolution produisait par ailleurs plus de 10 000 structures de flavonoïdes. Selon ces auteurs, les flavonols ne sont pas les meilleurs filtres des ultraviolets de type B, mais ils sont les plus aptes à contenir les dérèglements de l’oxydation que provoque un stress, et à régler le développement des organes. De très faibles quantités suffiraient à ces fonctions de régulation, comme cela devait être le cas chez les premières plantes terrestres.
Des travaux plus récents précisent ces rôles. Une revue de 2023, fondée en grande partie sur des mutants de l’arabette (Arabidopsis thaliana) pauvres en flavonols, montre qu’ils interviennent dans la forme des racines, dans le fonctionnement des stomates, ces petites ouvertures des feuilles, et dans le développement du pollen. Ils agissent à la fois en captant les formes réactives de l’oxygène et en freinant le transport de l’auxine, une hormone de croissance. Une revue de 2022 consacrée aux plantes méditerranéennes souligne enfin leur rôle dans l’adaptation aux stress du climat, tout en notant que certains aspects de leur fonction restent débattus.
III. Ce que l’on sait chez l’être humain
Le corps humain transforme lui-même les flavonols qu’il absorbe. Après un repas d’oignons légèrement frits, riches en formes sucrées de la quercétine, des volontaires présentaient dans le sang plusieurs dérivés, dont un dérivé de l’isorhamnétine. Les auteurs le rangent parmi les produits de la transformation de la quercétine par l’organisme, qui lui ajoute notamment des groupes méthyle, sulfate ou glucuronide. Au total, 4,7 % seulement de la quantité ingérée se retrouvait dans les urines.
Les données de santé viennent surtout d’études d’observation, qui suivent de grandes populations en notant leur alimentation. Une méta-analyse de 2019, sur neuf cohortes et plus de 170 000 personnes, associe une consommation plus élevée à un risque plus faible de diabète de type 2. Dans une cohorte de 921 personnes âgées, suivies chaque année, celles qui en consommaient le plus avaient un risque de maladie d’Alzheimer réduit presque de moitié ; le kaempférol, la myricétine et l’isorhamnétine étaient concernés, mais pas la quercétine. Ces études décrivent une association, sans prouver que les flavonols en soient la cause.
Les essais d’intervention ont été menés avec des flavonols isolés, avant tout la quercétine, dont la page détaille les résultats. Une revue de 2010 conclut qu’ils montrent un effet sur la pression artérielle, et que les études d’observation associent les flavonols, avec les flavones, à moins de maladies coronariennes et d’accidents vasculaires cérébraux, sans qu’il y ait encore de preuve solide. Les essais sur les autres flavonols sont rares, car des molécules aussi répandues dans les plantes ne peuvent guère être brevetées.
IV. Précautions
Présents dans les légumes, les fruits et les plantes médicinales, les flavonols font partie de l’alimentation de toujours. Les mises en garde publiées concernent les flavonoïdes purifiés pris à forte dose en complément. Une revue de 2011 rappelle qu’à ces doses, ils peuvent perturber le statut en oligo-éléments, en folates et en vitamine C, montrer une action sur la thyroïde et interagir avec des médicaments. Une personne sous traitement qui envisage un complément doit en parler à son médecin.
Les plantes du site qui en contiennent
Cette liste reprend les fiches du site qui citent ce composé dans la composition de la plante. Si le texte ci-dessus contredit l’une d’elles, c’est lui qui fait foi : la fiche sera revue.
Les 258 fiches qui citent les flavonols sont rangées ci-dessous par famille. Chaque nom mène à la fiche de la plante.
Alismatacées — Plantain d’eau.
Amaranthacées — Chénopode blanc.
Amaryllidacées — Ciboulette, Oignon.
Anacardiacées — Pistachier térébinthe.
Apiacées — Ammi visnage, Aneth odorant, Angélique des bois, Anis vert, Buplèvre à feuilles rondes, Buplèvre en faux, Carvi, Caucalis à grandes fleurs, Criste marine, Eryngium champêtre, Égopode podagraire, Fenouil commun, Fenouil des alpes, Orlaya à grandes fleurs, Scandix peigne-de-vénus, Séséli annuel, Tordyle majeur, Trinie glauque, Turgenie latifoliée, Œnanthe aquatique.
Aracées — Arisarum vulgaire.
Araliacées — Lierre d’algérie, Lierre d’irlande, Lierre grimpant.
Asparagacées — Asperge, Muguet de mai.
Aspléniacées — Doradille noire.
Astéracées — Absinthe, Achillée millefeuille, Achillée sternutatoire, Armoise commune, Armoise maritime, Arnica des montagnes, Aster des alpes, Bardane à petites têtes, Bardane commune, Camomille des champs, Camomille romaine, Cardon, Carline acaule, Centaurée jacée, Chardon à petits capitules, Chardon des champs, Chardon penché, Chardon-marie, Cirse laineux, Crépide capillaire, Estragon, Échinacée pourpre, Épervière commune, Épervière piloselle, Génépi, Grande camomille, Grindélia, Hélichryse italienne, Inule à feuilles de saule, Laiteron des champs, Laiteron maraîcher, Marguerite commune, Pâquerette, Pied de chat, Séneçon commun, Verge-d’or, Vergerette du canada.
Berbéridacées — Épine-vinette.
Bétulacées — Aulne vert, Bouleau nain, Bouleau pubescent, Bouleau verruqueux, Charme commun, Noisetier.
Boraginacées — Pulmonaire officinale.
Brassicacées — Barbarée commune, Cresson de fontaine, Diplotaxis à feuilles étroites, Drave printanière, Giroflée, Roquette, Roquette de mer, Sisymbre officinal, Thlaspi des champs.
Campanulacées — Campanule agglomérée, Campanule gantelée, Campanule persicifoliée, Campanule raiponce, Raiponce des alpes, Raiponce en épi, Raiponce hémisphérique, Raiponce orbiculaire.
Caprifoliacées — Chèvrefeuille des alpes, Chèvrefeuille des jardins, Sureau noir.
Caryophyllacées — Saponaire officinale.
Célastracées — Fusain d’europe.
Clusiacées — Garcinia.
Convolvulacées — Cuscute du thym.
Cornacées — Cornouiller mâle, Cornouiller sanguin.
Crassulacées — Crassule rougeâtre, Orpin blanc, Orpin élégant, Orpin réfléchi, Orpin téléphium.
Cucurbitacées — Jiaogulan.
Cypéracées — Laîche des sables.
Droséracées — Droséra à feuilles rondes.
Equisétacées — Grande prêle, Prêle des champs, Prêle d’hiver.
Ericacées — Airelle myrtille (Vaccinium myrtillus L.), Airelle rouge, Busserole, Canneberge, Pyrole à feuilles rondes.
Éléagnacées — Argousier.
Fabacées — Anthyllide vulnéraire, Réglisse, Séné.
Fagacées — Châtaignier.
Gentianacées — Gentiane des marais.
Géraniacées — Bec-de-grue à feuilles de ciguë.
Ginkgoacées — Ginkgo.
Grossulariacées — Cassis.
Hypéricacées — Millepertuis perforé.
Lamiacées — Basilic commun, Épiaire officinale, Galéopsis tétrahit, Hysope officinale, Lamier jaune, Lierre terrestre, Menthe aquatique, Menthe à longues feuilles, Menthe cervine, Menthe de corse, Menthe des champs, Menthe douce, Menthe odorante, Menthe poivrée, Menthe pouliot, Menthe verte, Mélisse officinale, Mélitte à feuilles de mélisse, Ortie blanche, Thym serpolet.
Malvacées — Guimauve officinale, Hibiscus des marais, Mauve sylvestre, Tilleul argenté, Tilleul à grandes feuilles, Tilleul à petites feuilles.
Ményanthacées — Trèfle d'eau.
Monimiacées — Boldo.
Moracées — Mûrier blanc, Mûrier noir.
Moringacées — Moringa.
Onagracées — Circée de paris, Épilobe à feuilles de romarin, Épilobe à petites fleurs, Épilobe des marais, Épilobe en épi, Épilobe hirsute.
Orobanchacées — Euphraise officinale, Pédiculaire des bois.
Paeoniacées — Pivoine officinale.
Plantaginacées — Grand plantain, Linaire commune, Muflier à feuilles de pâquerette, Plantain à feuilles étroites, Plantain corne-de-cerf, Plantain des alpes, Plantain des sables, Plantain maritime, Plantain moyen, Plantain noirâtre, Plantain subulé, Véronique officinale.
Poacées — Flouve odorante.
Polygalacées — Polygale à toupet.
Polygonacées — Oseille petite, Patience sanguine, Renouée des oiseaux, Renouée persicaire.
Portulacacées — Montie annuelle, Montie des fontaines, Pourpier.
Primulacées — Androsace alpestre, Androsace velue, Lysimaque ponctuée, Primevère auricule, Primevère commune, Primevère farineuse, Soldanelle des alpes.
Renonculacées — Ancolie vulgaire, Caltha des marais, Clématite des alpes.
Rosacées — Amandier, Amélanchier ovalis, Fraisier des bois, Framboisier, Poirier sauvage, Pommier sauvage, Potentille ansérine, Potentille rampante, Potentille tormentille, Reine-des-prés, Ronce.
Rubiacées — Aspérule des champs, Aspérule odorante, Aspérule tinctoriale, Gaillet croisette, Sherardie des champs.
Rutacées — Oranger amer ou bigaradier, Rue officinale ou rue fétide.
Salicacées — Peuplier blanc, Peuplier tremble, Saule cendré, Saule des vanniers, Saule fragile, Saule marsault, Saule pourpre, Saule rampant.
Sapindacées — Érable champêtre.
Scrofulariacées — Molène à fleurs denses, Molène blattaire, Molène d’orient, Molène lychnite, Molène noire, Molène royale, Molène sinuée, Scrofulaire de provence, Scrofulaire des ombrages, Scrofulaire du péloponnèse.
Smilacacées — Salsepareille.
Solanacées — Morelle faux-jasmin, Pétunia, Tabac glauque.
Urticacées — Grande ortie.
Valérianacées — Centranthe à feuilles étroites, Valériane des montagnes, Valériane tubéreuse.
Verbénacées — Verveine citronnée, Verveine de buenos aires, Verveine hybride, Verveine officinale.
Violacées — Violette cornue, Violette des marais, Violette des pyrénées, Violette élevée, Violette éperonnée, Violette jaune, Violette tricolore.
Vitacées — Vigne rouge.
Zygophyllacées — Tribulus.
Sources
- Wikidata, entrées Q2629666 « flavonol », Q393336 « kaempferol », Q409478 « quercetin », Q951449 « myricetin », Q416138 « isorhamnetin » et Q424567 « apigenin » ; structures comparées avec RDKit (groupe hydroxyle en position 3, groupe méthoxy de l’isorhamnétine).
- Gong G., Guan Y.Y., Zhang Z.L., Rahman K. et coll., « Isorhamnetin: A review of pharmacological effects », Biomedicine & Pharmacotherapy, 2020, 128, 110301. PMID 32502837.
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