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Acide ursolique

Molécule · Phytochimie

Formule développée : Acide ursolique
Acide ursolique — C30H48O3, 456,71 g/mol

L’acide ursolique est un triterpène, c’est-à-dire une molécule bâtie sur trente atomes de carbone, et plus précisément un triterpène pentacyclique, dont la charpente compte cinq cycles accolés. Une revue de 2020 le signale dans de nombreuses plantes de la médecine traditionnelle chinoise. On le rencontre aussi sur la peau des fruits, dans la fine couche de cire qui les recouvre. Sur ce site, il est cité dans 60 fiches de plantes, surtout chez les Lamiacées, comme le thym, les sarriettes, les sauges ou la brunelle, chez les Rosacées, comme les aubépines et les alchémilles, et chez des Éricacées comme la busserole, la callune ou la canneberge.

I. Sa formule

Sa formule brute est C30H48O3, pour une masse molaire de 456,71 g/mol. Sa charpente de cinq cycles accolés porte un seul groupe hydroxyle (–OH), à une extrémité, et une fonction acide (–COOH) de l’autre côté.

L’acide ursolique a un jumeau presque parfait, l’acide oléanolique. Les deux molécules ont exactement la même formule brute et la même masse : ce sont des isomères. Elles ne diffèrent que par la place de deux petits groupes méthyle (–CH3) sur le dernier cycle : l’acide oléanolique les porte tous deux sur le même atome de carbone, l’acide ursolique les répartit sur deux carbones voisins. On les trouve d’ailleurs ensemble, par exemple dans la cire qui recouvre les cerises.

La formule dessinée ci-contre a été tracée par ordinateur à partir de la description officielle de la molécule, et non dessinée à la main : chaque liaison y est exacte.

II. Ce qu’il fait dans la plante

Un rôle bien documenté de l’acide ursolique est de participer à la cuticule, la pellicule cireuse qui recouvre les feuilles et les fruits et qui limite leur perte d’eau. Une étude de 2007 sur la cerise douce a analysé la cire de la peau du fruit mûr : les triterpènes en représentaient les trois quarts, et l’acide ursolique à lui seul 60 %, loin devant l’acide oléanolique (7,5 %). Chez le laurier-cerise, une étude de 2021 trouve que les cires des feuilles et des fruits sont faites surtout de triterpènes pentacycliques, dominés là encore par l’acide ursolique ; elle montre que la composition de ces cires modifie la façon dont la cuticule retient l’eau. Sur la pomme, une étude de 2000 place l’acide ursolique parmi les constituants principaux de la cire de surface.

Cette dernière étude apporte une nuance utile. Elle s’intéressait à deux champignons qui salissent la peau des pommes : ces champignons ne se nourrissaient pas de la cire, acide ursolique compris, mais des jus qui suintent du fruit, et les différences de composition de la cire entre variétés n’expliquaient pas la gravité de la maladie.

III. Ce que l’on sait chez l’être humain

Une revue systématique de 2020 rappelle la principale difficulté : l’acide ursolique se dissout mal et passe mal dans le sang quand on l’avale, et les bactéries de l’intestin interviennent dans son devenir. Une méta-analyse de 2023 illustre la place du laboratoire dans ce que l’on sait de lui : elle réunit 31 études sur l’animal et sur des cellules, et trouve qu’il abaisse plusieurs marqueurs de l’inflammation et renforce les défenses antioxydantes des tissus ; elle ne comprend aucun essai chez l’être humain.

Les essais humains, eux, portent sur la molécule isolée, prise par la bouche à des doses de 50 à 450 mg par jour. En 2017, un petit essai chez vingt-quatre personnes atteintes de syndrome métabolique a rapporté, après douze semaines à 150 mg par jour, une disparition temporaire du syndrome chez la moitié des patients, avec une baisse du poids, du tour de taille et du sucre sanguin à jeun. Mais la méta-analyse de 2024, qui réunit six essais, ne trouve pas d’effet significatif sur le poids, la masse grasse, la tension, le sucre ou les graisses du sang. Chez de jeunes hommes pratiquant la musculation, 400 mg par jour pendant huit semaines n’ont pas ajouté de force ni de muscle par rapport au placebo, dans un essai de 2021.

Ces résultats concernent la molécule seule, prise à forte dose. Ils ne disent rien, ni en bien ni en mal, d’une plante ou d’un fruit consommés entiers, où l’acide ursolique arrive avec ses nombreux voisins. Pour les plantes elles-mêmes, les essais manquent : on ne brevette pas une plante, et peu de financeurs prennent en charge de tels travaux.

IV. Précautions

L’acide ursolique est présent dans des fruits et des aromates consommés depuis toujours. Les précautions concernent la molécule isolée. La revue de 2020 signale, à côté de ses nombreuses activités, des effets indésirables et même des effets toxiques décrits dans la littérature, et elle juge que son devenir dans l’organisme reste mal compris. Une forme injectable, enfermée dans de minuscules vésicules de graisse appelées liposomes, a été testée en 2013 comme traitement anticancéreux chez vingt-quatre volontaires sains et huit malades : elle a été bien tolérée, avec des effets indésirables légers à modérés. Les essais par la bouche cités plus haut ont duré de huit à douze semaines et portaient sur de petits effectifs. Une personne sous traitement qui envisage un complément doit en parler à son médecin.

Les plantes du site qui en contiennent

Cette liste reprend les fiches du site qui citent ce composé dans la composition de la plante. Si le texte ci-dessus contredit l’une d’elles, c’est lui qui fait foi : la fiche sera revue.

Les 60 fiches qui citent la Acide ursolique sont rangées ci-dessous par famille. Chaque nom mène à la fiche de la plante.

Apiacées — Sanicle d’europe.

Apocynacées — Laurier-rose, Petite pervenche.

Aquifoliacées — Houx commun.

Astéracées — Centaurée scabieuse.

Campanulacées — Campanule agglomérée, Campanule étalée, Campanule persicifoliée.

Cannabacées — Micocoulier de provence.

Caprifoliacées — Chèvrefeuille des alpes, Sureau noir.

Caryophyllacées — Spergulaire rouge.

Cypéracées — Souchet rond.

Ericacées — Bruyère cendrée, Busserole, Callune, Canneberge, Monotrope sucepin.

Lamiacées — Basilic commun, Brunelle commune, Calament à grandes fleurs, Calament officinale, Clinopode commun, Coleus, Hysope officinale, Lycope d'europe, Sarriette des jardins, Sarriette vivace, Sauge des prés, Sauge sclarée, Thym commun, Tulsi.

Moracées — Figuier commun.

Onagracées — Circée de paris, Épilobe à feuilles de romarin, Épilobe des marais, Épilobe hirsute.

Paeoniacées — Pivoine officinale.

Pédaliacées — Griffe du diable.

Plantaginacées — Grand plantain.

Primulacées — Cyclamen de naples, Glaux maritime, Lysimaque nummulaire, Lysimaque ponctuée.

Rhamnacées — Épine du christ, Jujubier, Nerprun alaterne.

Rosacées — Aigremoine eupatoire, Alchemille des alpes, Alchémille commune, Amélanchier ovalis, Aubépine à deux styles, Aubépine monogyne, Benoîte commune, Grande pimprenelle, Merisier à grappes, Petite pimprenelle, Prunier d'afrique.

Rubiacées — Griffe de chat.

Verbénacées — Verveine officinale.

Sources

  • Wikidata, entrée Q416260 « ursolic acid » (formule brute, identifiant PubChem 64945) ; formule développée et masse molaire calculées avec RDKit à partir de la structure publiée, et comparées à celles de l’acide oléanolique (Wikidata Q418628).
  • Peschel S., Franke R., Schreiber L., Knoche M., « Composition of the cuticle of developing sweet cherry fruit », Phytochemistry, 2007, 68(7), 1017-1025. PMID 17328933.
  • Diarte C., Xavier de Souza A., Staiger S., Deininger A.C. et coll., « Compositional, structural and functional cuticle analysis of Prunus laurocerasus L. sheds light on cuticular barrier plasticity », Plant Physiology and Biochemistry, 2021, 158, 434-445. PMID 33257229.
  • Belding R.D., Sutton T.B., Blankenship S.M., Young E., « Relationship Between Apple Fruit Epicuticular Wax and Growth of Peltaster fructicola and Leptodontidium elatius, Two Fungi that Cause Sooty Blotch Disease », Plant Disease, 2000, 84(7), 767-772. PMID 30832106.
  • Sun Q., He M., Zhang M., Zeng S. et coll., « Ursolic acid: A systematic review of its pharmacology, toxicity and rethink on its pharmacokinetics based on PK-PD model », Fitoterapia, 2020, 147, 104735. PMID 33010369.
  • Zhao M., Wu F., Tang Z., Yang X. et coll., « Anti-inflammatory and antioxidant activity of ursolic acid: a systematic review and meta-analysis », Frontiers in Pharmacology, 2023, 14, 1256946. PMID 37841938.
  • Rafiee P., Rasaei N., Amini M.R., Rabiee R. et coll., « The effects of ursolic acid on cardiometabolic risk factors: a systematic review and meta-analysis », Future Cardiology, 2024, 20(3), 151-161. PMID 38923885.
  • Ramírez-Rodríguez A.M., González-Ortiz M., Martínez-Abundis E., Acuña Ortega N., « Effect of Ursolic Acid on Metabolic Syndrome, Insulin Sensitivity, and Inflammation », Journal of Medicinal Food, 2017, 20(9), 882-886. PMID 28598231.
  • Lobo P.C.B., Vieira I.P., Pichard C., Marques B.S. et coll., « Ursolic acid has no additional effect on muscle strength and mass in active men undergoing a high-protein diet and resistance training: A double-blind and placebo-controlled trial », Clinical Nutrition, 2021, 40(2), 581-589. PMID 32593524.
  • Zhu Z., Qian Z., Yan Z., Zhao C. et coll., « A phase I pharmacokinetic study of ursolic acid nanoliposomes in healthy volunteers and patients with advanced solid tumors », International Journal of Nanomedicine, 2013, 8, 129-136. PMID 23319864.
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