CAMPHRIER

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Planche botanique Camphrier

Cinnamomum camphora (L.) J.Presl

Famille (classification morphologique traditionnelle) : Lauraceae

Noms vernaculaires :

Camphrier

Laurier camphrier

Arbre à camphre

CAMPHRIER est une plante de la famille des Lauracées, étudiée ici sous ses aspects botaniques, phytochimiques et pharmacognosiques.



I. SYSTÉMATIQUE ET TAXONOMIE

  • Règne : Plantae
  • Division : Magnoliophyta
  • Classe : Magnoliopsida (Dicotylédones)
  • Ordre : Laurales
  • Famille : Lauraceae
  • Genre : Cinnamomum
  • Espèce : Cinnamomum camphora

Synonymes botaniques historiques :

Laurus camphora

Cinnamomum camphora — planche Köhler (1887)
Cinnamomum camphora
Köhler’s Medizinal-Pflanzen, 1887

Camphora officinarum

Étymologie : Cinnamomum dérive du grec kinnamomon, terme désignant diverses espèces aromatiques proches de la cannelle. camphora provient du mot arabe kāfūr, lui-même issu du sanskrit karpūra, signifiant « camphre ».


  • Famille : Lauraceae.

Caractères morphologiques principaux : arbres ou arbustes aromatiques feuilles persistantes riches en huiles essentielles fleurs petites et verdâtres fruits drupacés. Les Lauraceae possèdent de nombreuses cellules sécrétrices d’huiles essentielles.



II. DESCRIPTION BOTANIQUE

Arbre sempervirent aromatique.

Hauteur : 15 à 30 m.

Port : arbre à large couronne arrondie.

Système racinaire : racine pivotante profonde accompagnée de racines latérales étendues. L’arbre peut vivre plusieurs siècles.


Tronc : droit.

Diamètre : jusqu’à 2 m.

Écorce : brun grisâtre.

Surface : rugueuse et fissurée chez les vieux arbres. L’écorce contient des composés aromatiques volatils.


Disposition : alternes.

Type : persistantes.

Forme : ovale à elliptique.

Longueur : 5 à 12 cm.

Largeur : 2 à 6 cm.

Bord : entier.

Surface : glabre et brillante.

Couleur : vert foncé. Les jeunes feuilles peuvent être rougeâtres. Les feuilles possèdent trois nervures principales partant de la base. Les tissus foliaires contiennent des glandes riches en camphre.

Odeur : aromatique caractéristique lorsqu’elles sont froissées.


Type : panicule axillaire.

Définition : Panicule = inflorescence ramifiée portant de nombreuses petites fleurs.

Longueur : 5 à 10 cm.


Fleurs : 3 à 5 mm.

Couleur : jaune verdâtre.

Structure florale :

périanthe : 6 tépales.

Définition : Tépale = pièce florale lorsque sépales et pétales ne sont pas différenciés.

Étamines : 9 étamines fertiles.

Ovaire : supère.

Floraison : avril à juin.

Pollinisation : entomophile.

Pollinisateurs :

  • abeilles
  • insectes divers.

Fruit : drupe.

Définition : Drupe = fruit charnu contenant un noyau.

Diamètre : 6 à 10 mm.

Couleur : noir à maturité.

Maturation : automne.


Origine : Asie orientale.

Pays d’origine :

  • Chine
  • Japon
  • Taïwan.

Habitat naturel : forêts subtropicales.

Préférences écologiques : sols profonds sols bien drainés.

Milieux : ensoleillés.

Altitude : 0 à 1500 m.


Distribution actuelle :

Asie

Europe méridionale

Amérique du Nord

Australie. Le camphrier est souvent cultivé comme arbre ornemental. Dans certaines régions il peut devenir espèce invasive.


Classe

Molécules principales

Activités biologiques

Cétones monoterpéniques

camphre

stimulant circulatoire

Monoterpènes

1,8-cinéole

expectorant

Phénylpropanoïdes

safrole

activité biologique variée

Sesquiterpènes

β-caryophyllène

anti-inflammatoire


Actions principales : stimulant circulatoire antalgique local antiseptique expectorant.

Indications traditionnelles :

  • douleurs musculaires
  • rhumatismes
  • infections respiratoires.

Le camphre naturel est rarement utilisé en alimentation en Europe. Dans certaines traditions asiatiques il est utilisé en très faibles quantités dans des préparations culinaires ou rituelles.


Peut être confondu avec d’autres espèces du genre :

  • Cinnamomum verum (cannelier)
  • Cinnamomum cassia.

Il se distingue par :

  • l’odeur caractéristique de camphre
  • ses feuilles à trois nervures principales.


III. PARTIES UTILISÉES

Parties utilisées : bois feuilles huile essentielle. Le camphre naturel est obtenu par distillation du bois.



IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOLÉCULAIRE

COMPOSÉ PRINCIPAL

  • camphre.

Définition : Camphre = cétone monoterpénique bicyclique.

AUTRES MONOTERPÈNES

SESQUITERPÈNES

  • β-caryophyllène.

PHÉNYLPROPANOÏDES

  • safrole.


V. MÉCANISMES PHARMACODYNAMIQUES

Camphre :

  • stimulation des récepteurs cutanés
  • effet rubéfiant.

Définition : Rubéfiant = substance provoquant une rougeur locale par augmentation de la circulation sanguine. 1,8-cinéole : activité expectorante.

Monoterpènes :

  • activité antiseptique.


VI. DONNÉES CLINIQUES

Aucune donnée clinique spécifique suffisamment développée n’était disponible dans la version initiale de la fiche. La rubrique est maintenue pour signaler explicitement cette limite plutôt que de la masquer.


VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOSÉS

Composé Classe Lecture principale
Sesquiterpènes Terpénoïdes Marqueurs aromatiques ou amers
Terpénoïdes Métabolites secondaires Contribution pharmacologique potentielle

VIII. FORMES GALÉNIQUES

Baumes au camphre. Huiles de massage. Liniments. Baumes respiratoires.



IX. TOXICOLOGIE

Le camphre peut être toxique à forte dose.

Risques :

  • convulsions
  • troubles neurologiques.

Contre-indications : nourrissons grossesse ingestion. L’usage est principalement externe.



X. USAGES HISTORIQUES

Le camphrier est utilisé depuis l’Antiquité en Asie pour :

  • la médecine
  • les rituels religieux.

Le camphre était également utilisé :

  • comme conservateur
  • comme insectifuge.

XI. SYNTHÈSE PHARMACOGNOSIQUE

Les études pharmacologiques indiquent : activité antimicrobienne. activité anti-inflammatoire. activité analgésique locale. activité décongestionnante respiratoire. Le camphre agit également comme stimulant circulatoire local.


Arbre ornemental important.

Il offre : ombrage refuge pour la faune. Cependant il peut devenir invasif dans certains écosystèmes.


Grand arbre aromatique asiatique caractérisé par ses feuilles persistantes riches en camphre et son bois fortement odorant. La présence dominante de camphre et de monoterpènes explique ses propriétés stimulantes circulatoires, antiseptiques et antalgique locales, largement exploitées en pharmacie traditionnelle et moderne.



XII. BIBLIOGRAPHIE ACADÉMIQUE

Bruneton J. Pharmacognosie, phytochimie, plantes médicinales. ESCOP Monographs. Journal of Ethnopharmacology. Journal of Agricultural and Food Chemistry. Tison J.-M., de Foucault B. Flora Gallica.


AROMATHÉRAPIE

Partie distillée : bois (camphre), feuilles (ravintsara ct. cinéole / bois de Hô ct. linalol) — distillation à la vapeur d'eau

Chémotypes

CT camphre (bois) — camphre (50-70%)
Autres composants : 1,8-cinéole (3-5%), safrole (traces), limonène (2-5%)
Le camphre de bois est utilisé en pharmacie comme rubéfiant et antalgique. C'est une cétone neurotoxique. Le safrole (cancérigène) est normalement éliminé par rectification.

CT 1,8-cinéole (ravintsara, feuilles de Madagascar) — 1,8-cinéole (50-65%)
Autres composants : sabinène (10-18%), α-terpinéol (5-10%), α-pinène (3-5%)
Le ravintsara (feuilles de camphrier de Madagascar) ne contient PAS de camphre malgré le nom botanique. C'est l'un des meilleurs antiviraux et immunostimulants de l'aromathérapie, avec une excellente tolérance.

CT linalol (bois de Hô, feuilles de Chine) — linalol (85-99%)
Autres composants : traces d'oxydes, de cétones et de terpènes
Le bois de Hô (CT linalol) est un linalol quasi pur, antibactérien doux et excellent régénérant cutané. Peut remplacer le bois de rose (Aniba rosaeodora) menacé d'extinction.

Voies d’administration

Voie cutanée : Pure ou 50% (ravintsara) — 30-50% (bois de Hô) — 10% max (camphre)
Posologie : 4 à 6 applications par jour en période infectieuse (ravintsara sur le thorax, les poignets, la colonne vertébrale)
Indication : Grippe, infections virales (ravintsara), soins cutanés (bois de Hô), douleurs musculaires (camphre)

Voie orale : 1 à 2 gouttes sur comprimé neutre (ravintsara)
Posologie : 3 à 4 fois par jour pendant 5 à 7 jours
Indication : Grippe, infections virales, herpès, zona (ravintsara)

Voie diffusion : 5 à 10 gouttes (ravintsara de préférence)
Posologie : 15 à 20 minutes, 3 à 4 fois par jour en période épidémique
Indication : Prévention des infections, assainissement, immunité

Propriétés

  • antiviral majeur (ravintsara)
  • immunostimulant puissant (ravintsara)
  • antibactérien (bois de Hô)
  • régénérant cutané (bois de Hô)
  • expectorant (ravintsara)
  • neurotonique (ravintsara)
  • antalgique rubéfiant (camphre)

⚠️ Contre-indications : Camphre : grossesse, allaitement, enfants, épilepsie. Ravintsara et bois de Hô : premier trimestre de grossesse (par précaution)

Toxicité : Camphre : neurotoxicité majeure, abortif. Ravintsara : toxicité extrêmement faible, excellente tolérance. Bois de Hô : aucune toxicité significative.

Précautions : IMPÉRATIF de distinguer les trois chemotypes : le camphre est neurotoxique, le ravintsara est très sûr, le bois de Hô est extrêmement doux. Ne JAMAIS confondre ravintsara (Cinnamomum camphora ct. cinéole) avec ravensare (Ravensara aromatica, HE différente). Le ravintsara est l'une des HE les plus polyvalentes et les plus sûres.

Associations synergiques

  • Eucalyptus radié (infections respiratoires, avec ravintsara)
  • Tea tree (infections mixtes, avec ravintsara)
  • Citron (prévention hivernale, diffusion avec ravintsara)
  • Lavande vraie (soins cutanés, avec bois de Hô)

PROPRIÉTÉS MÉDICINALES — NOTATION

  • ★★★☆☆ Antiseptique respiratoire
  • ★★★☆☆ Anti-inflammatoire
  • ★★☆☆☆ Antispasmodique
  • ★★☆☆☆ Expectorant
  • ★★☆☆☆ Carminatif

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