
I. SYSTÉMATIQUE ET TAXONOMIE

Köhler’s Medizinal-Pflanzen, 1887
L’Anthémis fétide (Anthemis cotula) est une plante herbacée annuelle de la famille des Asteraceae (Composées). Le nom de genre Anthemis provient du grec anthemon signifiant « fleur », tandis que l’épithète spécifique cotula dérive du latin désignant une petite écuelle, par allusion à la forme des capitules. L’espèce est également connue sous les noms de Camomille puante, Maroute, Camomille des chiens ou Marouette. Cette plante a été décrite par Linné en 1753. Elle se distingue par son odeur forte et désagréable, souvent qualifiée de fétide, qui se dégage au froissement des feuilles et des tiges. La plante atteint généralement 20 à 50 centimètres de hauteur et produit des capitules ressemblant superficiellement à ceux de la Camomille romaine, avec des fleurs ligulées blanches entourant un réceptacle conique jaune. Cependant, contrairement à la vraie Camomille, les écailles du réceptacle sont étroites et limitées à la partie supérieure, et les ligules sont souvent stériles et réfléchies vers le bas.
II. DESCRIPTION BOTANIQUE
L’Anthémis fétide est originaire d’Europe et d’Asie occidentale, mais elle s’est largement naturalisée dans le monde entier, devenant une adventice cosmopolite présente sur tous les continents. En France, elle est commune sur l’ensemble du territoire métropolitain, des plaines littorales aux zones de moyenne montagne (jusqu’à 800-1000 mètres d’altitude). C’est une plante rudérale et messicole typique, associée aux activités humaines depuis des millénaires. On la rencontre dans les cultures de céréales, les jachères, les bords de chemins, les décombres, les terrains vagues, les pieds de murs et les jardins négligés. Elle affectionne les sols argileux à limono-argileux, riches en azote, neutres à légèrement acides, et tolère aussi bien les substrats calcaires que siliceux. Sa présence est un indicateur d’un sol relativement riche en matière organique et souvent compacté. Dans les régions où l’agriculture intensive a réduit la diversité des adventices, l’Anthémis fétide résiste mieux que beaucoup d’autres espèces messicoles grâce à sa production abondante de graines et sa tolérance à certains herbicides. En Amérique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Zélande, elle est considérée comme une mauvaise herbe problématique dans les cultures céréalières.
Description morphologique détaillée
L’Anthémis fétide est une plante annuelle, dressée, ramifiée dès la base ou dans sa partie supérieure. La tige est striée, glabre ou faiblement pubescente, atteignant 20 à 50 centimètres, parfois 60. Les feuilles sont alternes, bi- à tripennatiséquées, à segments linéaires et étroits, terminés par une pointe courte. Elles sont pratiquement glabres, d’un vert moyen, et dégagent une odeur forte et désagréable au froissement. Les capitules, de 15 à 30 millimètres de diamètre, sont solitaires au sommet des rameaux. Le réceptacle est conique, allongé, plein (non creux, contrairement à Matricaria chamomilla), muni d’écailles (paillettes) sétacées uniquement vers le sommet. Les fleurs ligulées (10 à 15) sont blanches, souvent stériles, et tendent à se réfléchir vers le bas en fin de floraison. Les fleurs tubulées centrales sont jaunes, à cinq dents, bisexuées et fertiles. Les akènes sont oblongs, de 1,5 à 2 millimètres, côtelés, souvent verruqueux, dépourvus de pappus ou avec un rebord très court. C’est l’absence de pappus développé et les caractéristiques du réceptacle qui permettent de distinguer l’Anthémis fétide des camomilles vraies.
III. PARTIES UTILISÉES
Parties aériennes (usage traditionnel).
IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOLÉCULAIRE
La composition chimique de l’Anthémis fétide a été étudiée en raison de sa parenté avec les camomilles médicinales et de ses propriétés irritantes. L’huile essentielle, présente en quantité relativement faible (0,2 à 0,7 %), contient principalement de l’anthécotulide, une lactone sesquiterpénique responsable de l’odeur fétide caractéristique et des propriétés irritantes de la plante. D’autres sesquiterpènes lactones ont été identifiés, notamment l’anthecotulide, la cotulolactone et divers dérivés germacranolides. Ces composés sont connus pour leur potentiel allergisant et leur activité cytotoxique. La plante contient également des flavonoïdes, dont l’apigénine, la lutéoline et leurs glycosides, ainsi que des polyacétylènes, composés caractéristiques de la famille des Asteraceae ayant des propriétés antimicrobiennes et insecticides. Des acides phénoliques (acide chlorogénique, acide caféique) sont présents dans les parties aériennes. La plante accumule aussi des coumarines et de l’acide anthémique. La présence d’acide oxalique en quantité notable contribue à son caractère irritant. L’ensemble de ce profil chimique explique à la fois les propriétés médicinales potentielles et la toxicité relative de cette espèce.
V. MÉCANISMES PHARMACODYNAMIQUES
Malgré son odeur repoussante, l’Anthémis fétide a été utilisée en médecine populaire depuis l’Antiquité, souvent par confusion ou substitution avec la Camomille romaine. Dioscoride et Pline l’Ancien mentionnent déjà ses propriétés sous le nom générique d’anthemis. On lui attribuait traditionnellement des vertus antispasmodiques, emménagogues (favorisant les règles), fébrifuges et vermifuges. En médecine populaire européenne, l’infusion d’Anthémis fétide était prescrite contre les troubles digestifs (ballonnements, crampes intestinales, nausées), les douleurs menstruelles et les fièvres intermittentes. En usage externe, la plante était employée en cataplasme comme anti-inflammatoire et révulsif pour les douleurs articulaires et musculaires, ainsi que pour traiter certaines affections cutanées. Les herboristes la distinguaient cependant de la Camomille romaine et la considéraient comme plus irritante et moins agréable à utiliser. Au XIXe siècle, les médecins éclectiques américains l’employaient comme diaphorétique (pour provoquer la sudation) et comme tonique amer. Sa réputation d’insectifuge était également bien établie, les cultivateurs frottant le pelage des animaux avec la plante pour éloigner les mouches et les puces.
VI. DONNÉES CLINIQUES
La recherche scientifique contemporaine sur Anthemis cotula couvre plusieurs axes prometteurs. En phytochimie, les sesquiterpènes lactones de la plante, en particulier l’anthécotulide, font l’objet d’études pour leurs propriétés cytotoxiques et antitumorales. Des travaux in vitro ont démontré une activité inhibitrice sur certaines lignées de cellules cancéreuses, bien que les mécanismes d’action restent à élucider et qu’aucun essai clinique n’ait encore été entrepris. Les propriétés antimicrobiennes de l’huile essentielle ont été confirmées par plusieurs études montrant une activité contre des bactéries pathogènes, notamment Staphylococcus aureus et Escherichia coli, ainsi que contre certains champignons phytopathogènes. En agronomie, les propriétés allélopathiques de la plante sont étudiées pour leur potentiel dans le développement de bioherbicides naturels. Des recherches sur la résistance aux herbicides ont montré que certaines populations d’Anthémis fétide ont développé une résistance aux herbicides du groupe des inhibiteurs de l’ALS, posant des problèmes de gestion dans les cultures. En allergologie, les sesquiterpènes lactones de la plante servent de modèles pour l’étude des mécanismes de la dermatite allergique de contact aux Asteraceae. Enfin, la plante est utilisée comme espèce modèle dans des études d’écologie des invasions biologiques.
VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOSÉS
| Composé | Classe | Action principale |
|---|---|---|
| Huile essentielle | Huile essentielle | Aromatique |
| Anthécotulide | Métabolite | Constituant |
| Anthecotulide | Métabolite | Constituant |
| Cotulolactone | Métabolite | Constituant |
| Flavonoïdes | Flavonoïde | Antioxydant, anti-inflammatoire |
VIII. FORMES GALÉNIQUES
L’usage thérapeutique de l’Anthémis fétide requiert une grande prudence en raison de son potentiel irritant et allergisant. Les posologies traditionnelles, données ici à titre informatif, sont les suivantes. En infusion, 3 à 5 grammes de capitules séchés par tasse de 250 millilitres d’eau (départ à froid), infusés 10 minutes, à raison d’une à deux tasses par jour maximum, pour les troubles digestifs et comme fébrifuge. En décoction pour usage externe, 30 à 50 grammes de plante entière par litre d’eau, bouillis 10 minutes, pour des compresses anti-inflammatoires sur les zones douloureuses, en vérifiant préalablement l’absence de réaction cutanée sur une petite zone. En teinture, la plante fraîche macérée dans de l’alcool à 45 degrés pendant deux semaines, filtrée, se prenait à raison de 10 à 20 gouttes diluées dans un peu d’eau, deux fois par jour. En bain, une décoction concentrée (100 grammes pour 2 litres d’eau) était ajoutée à l’eau du bain pour ses effets anti-inflammatoires et insectifuges. Pour l’usage insectifuge, la plante fraîche était simplement froissée et disposée dans les pièces ou frottée sur la peau. L’usage interne doit rester de courte durée (5 à 7 jours maximum) et toute utilisation thérapeutique nécessite un avis médical préalable.
IX. TOXICOLOGIE
L’Anthémis fétide présente plusieurs contre-indications importantes liées à sa composition chimique. La plante est formellement contre-indiquée pendant la grossesse en raison de ses propriétés emménagogues et utérotoniques qui pourraient provoquer des contractions utérines et un risque de fausse couche. L’allaitement constitue également une contre-indication stricte. Les personnes souffrant d’allergie aux Asteraceae (Composées) doivent absolument éviter cette plante, car les sesquiterpènes lactones qu’elle contient sont de puissants allergènes pouvant provoquer des dermatites de contact sévères, de l’urticaire et, dans de rares cas, des réactions anaphylactiques. Le contact direct avec la plante fraîche peut provoquer des irritations cutanées et des vésications chez les personnes sensibles. L’usage interne est déconseillé chez les personnes souffrant de gastrite, d’ulcère gastroduodénal ou de maladie inflammatoire de l’intestin, la plante pouvant aggraver l’irritation des muqueuses. Les enfants de moins de 12 ans ne doivent pas consommer de préparations à base de cette plante. Un surdosage peut entraîner des nausées, des vomissements, des diarrhées et des irritations buccales. La manipulation de la plante pour les travaux de récolte doit se faire avec des gants.
Interactions médicamenteuses
Plusieurs interactions médicamenteuses théoriques et documentées doivent être prises en compte lors de l’utilisation de l’Anthémis fétide. Les sesquiterpènes lactones de la plante pourraient potentialiser l’effet des anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène, aspirine) tout en augmentant le risque d’irritation gastrique. L’association avec des anticoagulants oraux (warfarine, acénocoumarol) est à éviter car les coumarines présentes dans la plante pourraient interférer avec le métabolisme de ces médicaments et modifier l’INR. Les propriétés emménagogues de la plante contre-indiquent son association avec des traitements hormonaux, en particulier les contraceptifs oraux, dont l’efficacité pourrait théoriquement être réduite. Les flavonoïdes contenus dans l’Anthémis fétide, notamment l’apigénine, sont des inhibiteurs connus de certaines isoformes du cytochrome P450 (CYP1A2, CYP3A4), ce qui pourrait modifier le métabolisme de nombreux médicaments substrats de ces enzymes. L’association avec des sédatifs et des anxiolytiques benzodiazépiniques est à éviter en raison d’une possible potentialisation des effets sédatifs. Enfin, la plante ne doit pas être associée à d’autres plantes ou médicaments potentiellement hépatotoxiques, les lactones sesquiterpéniques pouvant exercer une toxicité hépatique à dose élevée.
X. USAGES HISTORIQUES
L’histoire de l’Anthémis fétide est inséparable de celle des grandes adventices des cultures céréalières qui accompagnent l’humanité depuis le Néolithique. Des restes archéobotaniques de Anthemis cotula ont été retrouvés dans des sites néolithiques et de l’Âge du Bronze en Europe, attestant de sa longue cohabitation avec les populations humaines. Dans l’Antiquité romaine, la plante était connue comme un fléau des moissons mais aussi comme un remède populaire. Au Moyen Âge, elle était cultivée dans certains jardins monastiques, bien que les herboristes les plus rigoureux la distinguaient clairement de la Camomille noble. En Angleterre, elle portait le nom de stinking mayweed et était associée aux terrains pauvrement entretenus. Les fermiers l’utilisaient comme insectifuge naturel dans les étables et les greniers. En Irlande, une infusion forte était employée pour laver les plaies infectées du bétail. Dans certaines régions de France, l’eau de cuisson des tiges servait à rincer les cheveux pour éliminer les poux. La plante a également servi de teinture végétale, donnant une couleur jaune pâle à verdâtre aux textiles. En Amérique du Nord, les colons européens ont importé involontairement la plante avec les semences de céréales, et certaines tribus amérindiennes ont adopté son usage comme remède contre les fièvres et les douleurs.
Usages alimentaires et culinaires
L’Anthémis fétide n’est pas considérée comme une plante alimentaire, son odeur et son goût repoussants constituant un obstacle évident à toute utilisation culinaire. Contrairement à sa cousine la Camomille romaine (Chamaemelum nobile), dont les capitules parfument agréablement des tisanes, des liqueurs et des desserts, la Maroute dégage une odeur fétide et âcre qui la rend impropre à la consommation directe. Historiquement, elle a parfois été utilisée en brasserie artisanale dans certaines régions d’Europe du Nord, ajoutée à la bière avant la généralisation du houblon, comme aromatisant et conservateur, mais cette pratique a rapidement été abandonnée au profit de plantes plus agréables au palais. Quelques sources anciennes mentionnent l’utilisation de très petites quantités de capitules séchés pour aromatiser des vinaigres médicinaux, mais il s’agissait davantage de préparations thérapeutiques que culinaires. La plante est généralement évitée par le bétail en pâture, ce qui témoigne de son caractère peu appétent. Les vaches qui consomment accidentellement de l’Anthémis fétide produisent un lait au goût altéré. En résumé, cette plante doit être considérée comme non alimentaire et son usage culinaire n’est pas recommandé.
Aspects écologiques et biodiversité
L’Anthémis fétide, malgré son statut d’adventice souvent combattue, joue un rôle non négligeable dans l’écosystème agricole. Ses capitules produisent du nectar et du pollen accessibles à une large gamme d’insectes pollinisateurs, en particulier les syrphes (mouches à allure d’abeilles), les petits coléoptères et divers hyménoptères. Les syrphes, dont les larves sont de voraces consommatrices de pucerons, trouvent dans les fleurs de l’Anthémis fétide une source de nourriture précieuse, ce qui fait de cette plante un auxiliaire indirect de la lutte biologique. Les graines sont consommées par certains oiseaux granivores des milieux cultivés. La plante, en tant qu’adventice annuelle, participe à la diversité floristique des champs cultivés, un écosystème dont la biodiversité est gravement menacée par l’agriculture intensive. Elle fait partie du cortège des plantes messicoles, ces compagnes des moissons en régression dramatique dans toute l’Europe. Paradoxalement, bien qu’elle soit plus résistante aux herbicides que beaucoup d’autres messicoles, l’Anthémis fétide a elle aussi régressé dans les grandes plaines céréalières. Ses propriétés allélopathiques ont été étudiées : la plante sécrète des composés qui inhibent la germination et la croissance de certaines autres espèces, ce qui contribue à son succès compétitif dans les cultures.
Culture et multiplication
La culture volontaire de l’Anthémis fétide n’est pratiquée que dans le cadre de jardins botaniques, de conservatoires de plantes messicoles ou de parcelles expérimentales. En tant que plante annuelle, elle se multiplie exclusivement par semis. Les graines sont récoltées à maturité en fin d’été et conservées au sec à température ambiante, où elles gardent leur pouvoir germinatif pendant plusieurs années. Le semis s’effectue au printemps (mars-avril) ou en automne (septembre-octobre), directement en place, en surface ou très superficiellement recouvert (1 à 2 millimètres de substrat). La germination requiert de la lumière et intervient en 10 à 21 jours à une température optimale de 15 à 20 degrés. La plante est peu exigeante sur la nature du sol mais préfère les substrats argilo-limoneux, riches en azote, neutres à faiblement acides. Une exposition ensoleillée est nécessaire pour un bon développement. L’Anthémis fétide ne nécessite aucun entretien particulier et se ressème abondamment si on la laisse grainer, ce qui peut la rendre envahissante dans les jardins. Pour les programmes de conservation des plantes messicoles, elle peut être semée dans des jachères fleuries ou des bandes enherbées en bordure de champs. La récolte des capitules à des fins médicinales s’effectue en pleine floraison, par temps sec, et le séchage doit être rapide, à l’ombre et dans un endroit ventilé.
Statut réglementaire et conservation
L’Anthémis fétide ne bénéficie d’aucun statut de protection particulier en Europe, étant considérée comme une espèce commune et même nuisible dans de nombreux contextes agricoles. En France, elle n’est inscrite sur aucune liste rouge nationale ou régionale et ne fait l’objet d’aucune mesure de conservation spécifique. Dans plusieurs pays anglo-saxons (États-Unis, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande), elle est au contraire classée comme mauvaise herbe réglementée ou espèce envahissante, et des mesures de lutte sont mises en place pour limiter sa propagation dans les cultures. La plante ne figure pas dans la Pharmacopée française ni dans la Pharmacopée européenne. Elle n’est pas inscrite sur la liste des plantes autorisées dans les compléments alimentaires en France. Aucune monographie officielle n’a été publiée sur cette espèce. En herboristerie, sa vente est possible en tant que plante en l’état mais non en tant que médicament à base de plantes. Paradoxalement, dans le contexte plus large de la conservation de la flore messicole, l’Anthémis fétide fait partie des espèces dont la régression dans les grandes cultures est observée avec préoccupation par les botanistes, car sa disparition témoigne de l’appauvrissement général de la biodiversité des paysages agricoles européens.
XI. SYNTHÈSE PHARMACOGNOSIQUE
ANTHÉMIS FÉTIDE présente un intérêt phytothérapeutique surtout traditionnel, à confirmer faute de données cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.
XII. BIBLIOGRAPHIE ACADÉMIQUE
- Plants of the World Online, Kew : Anthemis cotula.
- Tela Botanica / eFlore : Anthemis cotula.
- Tison J.-M., de Foucault B. Flora Gallica. Mèze : Biotope ; 2014.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES — NOTATION
- ★★☆☆☆ Anti-inflammatoire (usage traditionnel)
- ★★☆☆☆ Antispasmodique
- ★★☆☆☆ Digestif
- ★★☆☆☆ Fébrifuge