
Le silène blanc, ou compagnon blanc, est l’une des plantes dioïques les plus communes des haies et des friches d’Europe. Ses fleurs blanches nocturnes, qui ne s’ouvrent pleinement qu’au crépuscule en libérant un parfum doux et sucré, sont adaptées à la pollinisation par les papillons de nuit (sphinx, noctuelles) — un exemple élégant de syndrome de pollinisation nocturne. Le silène blanc est aussi un organisme modèle en biologie évolutive pour l’étude de la détermination du sexe chez les plantes (chromosomes sexuels XY, analogues à ceux des mammifères) et de la coévolution hôte-parasite avec le champignon Microbotryum violaceum (charbon des anthères).
Silene latifolia Poir.
Synonyme fréquent : Silene latifolia subsp. alba (Mill.) Greuter & Burdet
Famille (classification morphologique traditionnelle) : Caryophyllaceae
SILÈNE BLANC est une plante de la famille des Caryophyllacées, étudiée ici sous ses aspects botaniques, phytochimiques et pharmacognosiques.
I. SYSTÉMATIQUE ET TAXONOMIE
- Règne : Plantae
- Division : Magnoliophyta
- Classe : Magnoliopsida
- Ordre : Caryophyllales
- Famille : Caryophyllaceae
- Genre : Silene
- Espèce : Silene latifolia
Noms vernaculaires :
Silène blanc
Compagnon blanc
Silène dioïque blanc.
Étymologie : Silene dérive du personnage mythologique Silenus, souvent représenté avec un ventre gonflé, évoquant le calice renflé de nombreuses espèces du genre. latifolia signifie « à larges feuilles ».
II. DESCRIPTION BOTANIQUE
Plante herbacée vivace ou bisannuelle.
Hauteur : 30 à 100 cm.
Port : plante dressée rameuse dans la partie supérieure.
Système racinaire : racine pivotante.
Définition : Racine pivotante = racine principale verticale.
Tiges : dressées cylindriques souvent pubescentes.
Surface : couverte de poils glanduleux.
Définition : Glanduleux = portant de petites glandes sécrétrices.
Feuilles :
Disposition : opposées.
Définition : Opposé = deux feuilles insérées au même niveau sur la tige.
Feuilles basales : pétiolées.
Définition : Pétiolé = feuille possédant un pétiole (petite tige reliant la feuille à la tige).
Feuilles caulinaires : sessiles.
Définition : Sessile = sans pétiole.
Forme : ovale à lancéolée.
Longueur : 4–10 cm.
Bord : entier.
Surface : pubescente.
Inflorescence : cyme.
Définition : Cyme = inflorescence où la fleur terminale s’ouvre en premier.
Fleurs : plante dioïque.
Définition : Dioïque = fleurs mâles et femelles portées par des individus différents.
Diamètre : 2–3 cm.
Couleur : blanc pur.
Parfum : souvent perceptible la nuit.
Pollinisation : principalement par papillons nocturnes.
Structure florale :
Calice : tubuleux fortement renflé 10 nervures longitudinales.
Corolle : 5 pétales profondément bifides.
Définition : Bifide = divisé en deux lobes.
Étamines : 10 (dans les fleurs mâles).
Ovaire : supère.
Définition : Ovaire supère = ovaire situé au-dessus des autres pièces florales.
Floraison : mai – septembre.
Fruit : capsule.
Définition : Capsule = fruit sec s’ouvrant pour libérer les graines.
Ouverture : par dents apicales.
Graines : nombreuses réniformes.
Définition : Réniforme = en forme de rein.
Habitat :
- friches
- talus
- champs cultivés
- bords de route
- haies.
Préférence écologique : sols riches en azote.
Définition : Plante rudérale = plante adaptée aux milieux perturbés par l’activité humaine.
Altitude : jusqu’à environ 1500 m. Espèce très commune en Europe.
Origine : Europe.
Distribution actuelle :
Europe
Asie occidentale
Amérique du Nord (espèce introduite).
En France : très commune.
- acide caféique
- acide chlorogénique.
Usage médicinal très limité.
Dans certaines traditions :