
I. SYSTÉMATIQUE ET TAXONOMIE
Nom scientifique : Myosoton aquaticum (L.) Moench (syn. Stellaria aquatica (L.) Scop., Cerastium aquaticum L.)
Famille : Caryophyllaceae
Genre : Myosoton
Synonymes : Stellaria aquatica (L.) Scop., Malachium aquaticum (L.) Fr.
Noms vernaculaires : Céraiste aquatique, Stellaire aquatique, Malachie aquatique, Water chickweed (en), Wasserdarm (de), Centocchio acquatico (it)
Le nom Myosoton signifie à oreilles de souris (du grec mys, souris et otos, oreille), en référence à la forme des pétales profondément bifides. L’épithète aquaticum indique l’affinité de cette plante pour les milieux humides. La position taxonomique de cette espèce est complexe : décrite d’abord comme Cerastium aquaticum par Linné, elle a été placée successivement dans les genres Stellaria, Malachium et Myosoton. Ce dernier genre monospécifique est aujourd’hui maintenu par la plupart des auteurs, la plante se distinguant des vrais Stellaria et Cerastium par ses 5 styles (au lieu de 3), ses capsules à 5 valves bifides et son port diffus-rampant. C’est une plante discrète des fossés et des berges humides, souvent négligée par les botanistes amateurs.
II. DESCRIPTION BOTANIQUE
Plante herbacée vivace (parfois annuelle), de 20 à 60 cm de hauteur (longueur), à tiges diffuses, rampantes ou ascendantes, ramifiées, cylindriques, pubescentes-glanduleuses dans la partie supérieure, cassantes, d’un vert clair, souvent enracinées aux nœuds inférieurs. La souche est stolonifère, assurant la multiplication végétative.
Les feuilles sont opposées, ovales-cordées, longues de 2 à 5 cm, acuminées, entières, sessiles ou courtement pétiolées (les inférieures pétiolées, les supérieures sessiles et amplexicaules), d’un vert tendre, pubescentes-glanduleuses, à toucher mou et aqueux.
Les fleurs sont disposées en cymes dichasiales terminales et axillaires, lâches. Chaque fleur mesure 10 à 15 mm de diamètre. Les 5 sépales sont ovales-lancéolés, pubescents-glanduleux, de 5 à 6 mm, persistants. Les 5 pétales sont blancs, profondément bifides (presque jusqu’à la base), dépassant nettement les sépales, donnant l’apparence de 10 pétales. Les étamines sont au nombre de 10. Les styles sont 5 (caractère distinctif majeur). Le fruit est une capsule ovoïde, pendante, s’ouvrant par 5 valves bifides (10 dents), contenant de nombreuses graines brun foncé, tuberculeuses, de 0,8 à 1 mm. La floraison s’étend de juin à septembre.
Habitat et écologie
Le Céraiste aquatique est une espèce hygrophile et nitrophile, caractéristique des berges de cours d’eau, des fossés, des mégaphorbiaies, des aulnaies riveraines, des lisières de forêts alluviales et des zones rudérales humides. Il affectionne les sols alluviaux, limono-argileux, humides à temporairement inondés, riches en azote et en matière organique, neutres à basiques. Il s’étale et grimpe dans la végétation herbacée environnante grâce à ses tiges rampantes et volubiles.
Du point de vue phytosociologique, il est caractéristique des mégaphorbiaies riveraines de l’alliance du Filipendulion et des communautés nitrophiles des Convolvuletalia sepium. Il s’associe à Filipendula ulmaria, Epilobium hirsutum, Urtica dioica, Galium aparine, Calystegia sepium et Lycopus europaeus. La pollinisation est entomophile (petits insectes divers) ou autogame. La dispersion est barochore et hydrochore.
Répartition géographique
Le Céraiste aquatique est une espèce eurasiatique largement distribuée, de l’Europe occidentale à l’Asie orientale, et naturalisée en Amérique du Nord. En France, il est présent dans la plupart des régions mais souvent discret et probablement sous-détecté. Il est commun dans le nord, l’est et le centre, plus rare dans le Midi méditerranéen et absent de Corse.
III. PARTIES UTILISÉES
Aucune partie n’a d’usage médicinal officinal établi.
IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOLÉCULAIRE
La composition chimique de Myosoton aquaticum est très peu étudiée. Par analogie avec les genres proches (Stellaria, Cerastium), la plante contient probablement des saponines triterpéniques, des flavonoïdes (C-glycosides), des acides phénoliques, des mucilages, de la vitamine C et des sels minéraux. Des phytoecdystéroïdes pourraient être présents, comme chez d’autres Caryophyllacées.
V. MÉCANISMES PHARMACODYNAMIQUES
Aucune propriété pharmacologique n’a été étudiée pour Myosoton aquaticum.
VI. DONNÉES CLINIQUES
Aucune indication thérapeutique n’est reconnue.
VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOSÉS
| Composé | Classe | Action principale |
|---|---|---|
| Flavonoïdes | Flavonoïde | Antioxydant, anti-inflammatoire |
| Acides phénoliques | Métabolite | Constituant |
| Vitamine c | Vitamine | Antioxydant |
| Sels minéraux | Métabolite | Constituant |
| Phytoecdystéroïdes | Métabolite | Constituant |
VIII. FORMES GALÉNIQUES
Sans objet. La plante est théoriquement comestible mais n’est ni récoltée ni commercialisée.
IX. TOXICOLOGIE
Aucune toxicité connue. La présence de saponines impose une prudence théorique en cas d’ingestion importante. La récolte en bord de cours d’eau doit prendre en compte le risque de contamination (polluants, parasites).
Interactions médicamenteuses
Sans objet.
Toxicologie
Non toxique. Aucun cas d’intoxication rapporté.
X. USAGES HISTORIQUES
Le Céraiste aquatique n’a pratiquement aucun usage ethnobotanique documenté. Comme la stellaire intermédiaire (Stellaria media), ses parties aériennes tendres sont théoriquement comestibles (crues en salade ou cuites comme légume), mais cet usage est très marginal et peu documenté. La plante n’a pas de place dans la médecine traditionnelle européenne. Son intérêt est strictement botanique et écologique.
Conservation et culture
Myosoton aquaticum n’est pas cultivé intentionnellement. C’est une composante naturelle des communautés de berges et de zones humides. La conservation passe par la protection des berges de cours d’eau et des mégaphorbiaies, habitats menacés par la rectification des cours d’eau, le drainage et l’urbanisation.
Statut réglementaire et protection
Myosoton aquaticum est classé LC (Préoccupation mineure). L’espèce est commune et non menacée. Elle ne bénéficie d’aucun statut de protection. Elle n’est inscrite à aucune pharmacopée.
XI. SYNTHÈSE PHARMACOGNOSIQUE
CÉRAISTE AQUATIQUE est décrite ici pour sa botanique et sa place dans la flore ; elle n’a pas d’usage médicinal établi, et la rigueur consiste à le constater plutôt qu’à lui prêter des vertus non documentées.
XII. BIBLIOGRAPHIE ACADÉMIQUE
- Plants of the World Online, Kew : Myosoton aquaticum.
- Tela Botanica / eFlore : Myosoton aquaticum.
- Tison J.-M., de Foucault B. Flora Gallica. Mèze : Biotope ; 2014.