
Famille (classification morphologique traditionnelle) : Orobanchacées (Orobanchaceae).
I. SYSTÉMATIQUE ET TAXONOMIE
Nom latin : Orobanche caryophyllacea Sm., 1798
Famille : Orobanchacées (Orobanchaceae)
Genre : Orobanche — Espèce : Orobanche caryophyllacea
Synonyme : Orobanche galii Duby
Noms vernaculaires : orobanche du gaillet, orobanche giroflée, orobanche œillet, orobanche à odeur d’œillet.
L’épithète caryophyllacea (du grec karyophyllon) renvoie à l’odeur de girofle / œillet des fleurs.
II. DESCRIPTION BOTANIQUE
Plante vivace parasite, haute de 20 à 60 cm, entièrement dépourvue de chlorophylle (jamais verte). Tige robuste, dressée, simple, jaunâtre à brun violacé, renflée à la base en un bulbe fixé aux racines de l’hôte. Feuilles réduites à des écailles ovales-lancéolées, brunâtres, éparses. Inflorescence en épi assez lâche. Fleurs grandes (20-30 mm), tubuleuses et bilabiées, jaune paille à brun rougeâtre teinté de violet, fortement parfumées (girofle / œillet) ; lèvre supérieure bilobée, lèvre inférieure trilobée à lobes arrondis, bord souvent glanduleux. Fruit : une capsule renfermant des milliers de graines minuscules.
Biologie : une plante holoparasite
Comme toutes les orobanches, elle est holoparasite : sans chlorophylle, elle ne photosynthétise pas et prélève l’eau et la totalité de ses nutriments sur sa plante-hôte au moyen d’un suçoir (haustorium) connecté aux racines. Elle parasite surtout les gaillets (Galium mollugo, G. verum…), parfois d’autres Rubiacées. Ses graines, microscopiques et très nombreuses, ne germent qu’au contact de signaux chimiques (strigolactones) émis par les racines d’un hôte compatible — adaptation qui évite la germination « à vide ».
Écologie et répartition
Espèce de répartition atlantique-méditerranéenne, présente dans une grande partie de la France. Elle affectionne les pelouses calcaires sèches, friches, talus, lisières et coteaux ensoleillés, de l’étage collinéen jusque vers 2 000 m. Floraison de mai à juillet.
III. PARTIES UTILISÉES
Aucune partie n’a d’usage médicinal : l’orobanche du gaillet est une plante parasite sans drogue officinale.
IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOLÉCULAIRE
La phytochimie de cette orobanche est très peu étudiée. Dépourvue de chlorophylle, elle puise sa nutrition sur son hôte (gaillets) ; on y signale surtout des iridoïdes et des phénylpropanoïdes, sans profil valorisé.
V. MÉCANISMES PHARMACODYNAMIQUES
Aucun mécanisme pharmacologique établi ; espèce sans usage médicinal.
VI. DONNÉES CLINIQUES
Aucune donnée clinique. Niveau de preuve : sans objet.
VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOSÉS
| Composé | Classe | Action principale |
|---|---|---|
| Iridoïdes, phénylpropanoïdes (traces) | Métabolites | Non documentés sur le plan thérapeutique |
VIII. FORMES GALÉNIQUES
Aucune forme galénique ; plante non utilisée.
IX. TOXICOLOGIE
Toxicité non documentée ; plante sans usage interne. Aucune consommation recommandée.
X. USAGES HISTORIQUES
Le genre Orobanche compte de très nombreuses espèces, souvent délicates à distinguer ; la détermination repose surtout sur la plante-hôte, la couleur des fleurs, l’odeur et la position des étamines. Ici, l’odeur de girofle et le parasitisme du gaillet sont déterminants.
Statut et usages
Statut de conservation en France métropolitaine : « Préoccupation mineure » (LC) selon l’UICN ; plusieurs orobanches sont néanmoins rares et protégées régionalement. Plante sauvage sans usage alimentaire ni médicinal documenté : son intérêt est purement botanique et écologique (exemple remarquable de parasitisme végétal).
Sources
INPN (MNHN), fiche Orobanche caryophyllacea (cd_nom 111494) ; Tela Botanica ; FloreAlpes.
XI. SYNTHÈSE PHARMACOGNOSIQUE
L’orobanche du gaillet est une plante parasite remarquable par sa biologie (absence de chlorophylle, dépendance à un hôte), mais dépourvue d’intérêt médicinal. Sa valeur est strictement botanique et écologique.
XII. BIBLIOGRAPHIE ACADÉMIQUE
- Plants of the World Online, Kew : Orobanche caryophyllacea.
- Tela Botanica / eFlore : Orobanche caryophyllacea.
- Tison J.-M., de Foucault B. Flora Gallica. Mèze : Biotope ; 2014.