STELLAIRE GRAMINÉE

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Planche botanique STELLAIRE GRAMINÉE

I. SYSTÉMATIQUE ET TAXONOMIE

Nom scientifique : Stellaria graminea L.
Famille : Caryophyllaceae
Genre : Stellaria
Synonymes : Alsine graminea (L.) Britton
Noms vernaculaires : Stellaire graminée, Stellaire à feuilles de graminée, Lesser stitchwort (en), Gras-Sternmiere (de), Stellaria graminea (it)

Le nom générique Stellaria, du latin stella (étoile), décrit la forme étoilée des fleurs à pétales bifides. L’épithète graminea fait référence aux feuilles étroites et linéaires qui rappellent celles des graminées. Ce genre cosmopolite compte environ 120 espèces, principalement dans les régions tempérées et froides de l’hémisphère nord. Stellaria graminea, décrite par Linné en 1753, est une espèce commune des prairies et pelouses européennes, souvent confondue avec Stellaria holostea (Stellaire holostée), dont elle se distingue par ses feuilles plus étroites et ses fleurs plus petites.


II. DESCRIPTION BOTANIQUE

Plante herbacée vivace, de 20 à 50 cm de hauteur, à tiges grêles, diffuses, étalées ou ascendantes, très ramifiées, quadrangulaires, glabres et lisses, cassantes. Le rhizome est fin et rampant, émettant des stolons qui permettent la formation de colonies lâches.

Les feuilles sont opposées, sessiles, linéaires à lancéolées-linéaires, longues de 15 à 40 mm et larges de 2 à 4 mm, aiguës, entières, glabres, à 1 nervure médiane visible, d’un vert clair mat. Elles rappellent effectivement des feuilles de graminée par leur forme et leur texture.

Les fleurs, disposées en cymes terminales lâches et étalées, mesurent 8 à 12 mm de diamètre. Les 5 sépales sont lancéolés, aigus, trinervés, de 3 à 5 mm, glabres, à marge scarieuse blanche. Les 5 pétales sont blancs, profondément bifides (presque jusqu’à la base), de la même longueur que les sépales ou les dépassant légèrement, donnant l’aspect de 10 pétales. Les étamines sont au nombre de 10. Les styles au nombre de 3. Le fruit est une capsule ovoïde, s’ouvrant par 6 valves, contenant des graines brun-rouge, finement tuberculeuses. La floraison s’étend de mai à août.


Habitat et écologie

La Stellaire graminée est une espèce mésophile, héliophile à hémi-sciaphile, caractéristique des prairies, des pelouses, des lisières forestières, des bords de chemins, des haies et des talus herbeux. Elle affectionne les sols frais à modérément secs, acides à neutres, légers, sablonneux ou limoneux, pauvres à modérément fertiles.

Du point de vue phytosociologique, elle est fréquente dans les communautés de l’ordre des Arrhenatheretalia elatioris (prairies de fauche) et du Nardetalia strictae (pelouses acidiphiles). Elle s’associe à Agrostis capillaris, Festuca rubra, Anthoxanthum odoratum, Rumex acetosa, Leucanthemum vulgare et Trifolium pratense. Elle se développe de l’étage collinéen à l’étage subalpin, de 0 à 2 000 m. La pollinisation est entomophile (petits insectes divers) ou autogame.


Répartition géographique

La Stellaire graminée est une espèce eurasiatique largement distribuée, de l’Espagne et de l’Irlande à l’ouest jusqu’à la Sibérie et la Chine du nord à l’est. En France, elle est commune sur l’ensemble du territoire, des plaines au subalpin. Elle est naturalisée en Amérique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Zélande.


III. PARTIES UTILISÉES

Parties aériennes (usage traditionnel).


IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOLÉCULAIRE

La composition chimique de Stellaria graminea est peu étudiée. Par analogie avec les espèces du genre mieux étudiées, elle contient probablement des saponines triterpéniques, des flavonoïdes (C-glycosides), des acides phénoliques, des mucilages, de la vitamine C et des sels minéraux. Des phytoecdystéroïdes ont été signalés dans le genre Stellaria.


V. MÉCANISMES PHARMACODYNAMIQUES

Aucune étude pharmacologique spécifique n’a été publiée sur Stellaria graminea. Par extrapolation à partir de S. media, un profil comprenant des activités antioxydante, anti-inflammatoire et émolliente modestes est envisageable mais non démontré.


VI. DONNÉES CLINIQUES

Aucune indication thérapeutique n’est reconnue. La plante ne figure dans aucune pharmacopée. Son intérêt est essentiellement botanique et écologique.


VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOSÉS

Composé Classe Action principale
Flavonoïdes Flavonoïde Antioxydant, anti-inflammatoire
Acides phénoliques Métabolite Constituant
Vitamine c Vitamine Antioxydant
Sels minéraux Métabolite Constituant
Phytoecdystéroïdes Métabolite Constituant

VIII. FORMES GALÉNIQUES

Sans objet en l’absence d’usage thérapeutique. En usage alimentaire marginal, les jeunes pousses peuvent être consommées crues en salade.


IX. TOXICOLOGIE

Aucune toxicité connue. La présence de saponines impose une prudence théorique en cas de consommation importante. Attention aux confusions avec des espèces toxiques dans les prairies.


Interactions médicamenteuses

Sans objet en l’absence d’usage médicinal.


Toxicologie

Stellaria graminea est considérée comme non toxique. Aucun cas d’intoxication n’a été rapporté. Cependant, la plante est réputée légèrement toxique pour les chevaux en cas de consommation massive de foin infesté, provoquant des troubles digestifs, mais ces données sont incertaines et pourraient concerner des confusions avec d’autres espèces.


X. USAGES HISTORIQUES

La Stellaire graminée n’a pas joué de rôle significatif en médecine traditionnelle, à la différence de sa parente Stellaria media (mouron des oiseaux) dont les usages comme émollient et anti-prurigineux sont bien documentés. Quelques mentions éparses dans la littérature ethnobotanique germanique et scandinave signalent l’utilisation de la plante en cataplasme sur les inflammations cutanées et les rhumatismes, par analogie avec S. media. Les feuilles et les jeunes tiges tendres sont comestibles mais leur petite taille rend la récolte peu pratique.


Conservation et culture

Stellaria graminea n’est pas cultivée intentionnellement. C’est une composante naturelle des prairies et des pelouses, qui se maintient dans les systèmes prairiaux extensifs (fauche tardive, pâturage modéré). Elle peut être intégrée dans les mélanges de semences pour prairies fleuries. La conservation de ses populations passe par le maintien des pratiques agricoles extensives.


Statut réglementaire et protection

Stellaria graminea est classée LC (Préoccupation mineure) par l’UICN. L’espèce est commune et non menacée. Elle ne bénéficie d’aucun statut de protection et ne figure dans aucune pharmacopée.


XI. SYNTHÈSE PHARMACOGNOSIQUE

STELLAIRE GRAMINÉE présente un intérêt phytothérapeutique surtout traditionnel, à confirmer faute de données cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.


XII. BIBLIOGRAPHIE ACADÉMIQUE


PROPRIÉTÉS MÉDICINALES — NOTATION

  • ★★☆☆☆ Anti-inflammatoire (usage traditionnel)
  • ★★☆☆☆ Antioxydant
  • ★★☆☆☆ Émollient

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