
Prunier d’Afrique — Prunus africana (Hook.f.) Kalkman
Le prunier d’Afrique est un arbre montagnard des forêts afromontanes, dont l’écorce est utilisée depuis des siècles par les guérisseurs africains pour traiter les troubles urinaires de l’homme âgé. Devenu l’un des médicaments phytothérapeutiques les plus prescrits en Europe pour l’hypertrophie bénigne de la prostate, son exploitation intensive a failli conduire l’espèce à la disparition, en faisant un cas emblématique des enjeux de conservation liés à la pharmacognosie. L’extrait d’écorce, riche en β-sitostérol, en acide férulique et en triterpènes pentacycliques, constitue une drogue majeure de la phytothérapie urologique.
I. SYSTÉMATIQUE ET TAXONOMIE
Prunus africana appartient à l’embranchement des Spermatophytes, sous-embranchement des Angiospermes, classe des Dicotylédones, ordre des Rosales, famille des Rosacées (Rosaceae), sous-famille des Amygdaloideae (= Prunoideae), genre Prunus. C’est la seule espèce de Prunus originaire d’Afrique subsaharienne et strictement tropicale, ce qui en fait une espèce biogéographiquement remarquable.
L’espèce a été décrite par Joseph Dalton Hooker fils sous le nom de Pygeum africanum Hook.f. en 1864, avant d’être transférée au genre Prunus par Kalkman en 1965, sur la base de caractères floraux et moléculaires. Le nom Pygeum africanum reste très utilisé dans la littérature médicale et commerciale.
Synonymes : Pygeum africanum Hook.f. (basionyme), Pygeum crassifolium Hauman. Noms vernaculaires : prunier d’Afrique, pygeum, African cherry (anglais), red stinkwood (Afrique du Sud), muiri (kikuyu, Kenya), tenduet (kalenjin, Kenya), mkonde-konde (swahili).
II. DESCRIPTION BOTANIQUE
Prunus africana est un arbre sempervirent de grande taille, pouvant atteindre 20 à 40 mètres de hauteur (exceptionnellement 50 m) et 1 à 2 mètres de diamètre de tronc. Le port est érigé, avec une cime dense, étalée à colonnaire. Le tronc est droit, cylindrique, à écorce brun foncé à noirâtre, rugueuse, profondément fissurée et crevassée en écailles irrégulières. La tranche de l’écorce est rose à brun-rouge, dégageant une odeur d’amande amère caractéristique (due aux glycosides cyanogéniques).
Les feuilles sont alternes, simples, persistantes, elliptiques à oblongues-lancéolées, de 5 à 15 cm de long et 2 à 6 cm de large, à sommet acuminé et base cunéiforme. La marge est crénelée-serretée. Le limbe est coriace, glabre, vert foncé brillant à la face supérieure, plus pâle à la face inférieure. La nervation est pennée, avec 8 à 12 paires de nervures latérales saillantes. Le pétiole est de 1 à 2 cm, souvent rougeâtre. Les stipules sont caduques.
Les inflorescences sont des grappes (racèmes) axillaires, de 3 à 8 cm de long, portant 10 à 20 fleurs. Les fleurs sont petites (3 à 5 mm de diamètre), actinomorphes, pentamères, blanches à blanc-verdâtre, peu visibles. Le calice est cupuliforme à 5 lobes. Les pétales sont 5, ovales, caducs. Les étamines sont nombreuses (20 à 30), insérées sur le bord du réceptacle. L’ovaire est supère, uniloculaire, contenant 2 ovules.
Le fruit est une drupe globuleuse à ovoïde, de 7 à 13 mm de diamètre, rouge foncé à noirâtre à maturité, à mésocarpe mince et charnu, amer. L’endocarpe est dur. La graine unique est ovoïde, à cotylédons charnus.
Écologie et répartition
Prunus africana possède une répartition afromontane remarquable, disjointe et très étendue. L’espèce est présente dans les forêts de montagne d’Afrique tropicale, depuis l’Éthiopie et le Kenya à l’est, jusqu’au Cameroun, le Nigeria, São Tomé et Bioko à l’ouest, en passant par la RDC, le Rwanda, le Burundi, l’Ouganda, la Tanzanie, le Malawi, le Mozambique, le Zimbabwe et l’Afrique du Sud (KwaZulu-Natal). Elle est également présente à Madagascar et dans les Comores. Cette distribution « en archipel » montagnard est typique de la flore afromontane.
L’habitat est la forêt humide de montagne (cloud forest, montane forest), entre 900 et 3000 mètres d’altitude (optimum 1500-2500 m). L’espèce affectionne les sols volcaniques profonds, fertiles, bien drainés, de pH neutre à légèrement acide. La pluviométrie annuelle dans son aire est de 1000 à 2500 mm, avec un brouillard fréquent. Les températures moyennes varient de 12 à 22 °C, avec des gelées possibles à haute altitude.
P. africana est une espèce de strate supérieure (canopée), souvent émergente. Elle joue un rôle structurant dans les forêts afromontanes et constitue un habitat important pour la faune (oiseaux frugivores, primates, insectes).
La pollinisation est entomophile (abeilles, mouches). La dissémination est ornithochore (calaos, touraco, pigeons) et par les mammifères frugivores (chimpanzés, singes colobes, cercopithèques).
Écologie, durabilité et conservation
Prunus africana est l’un des cas les plus emblématiques de surexploitation d’une plante médicinale à l’échelle mondiale. L’exploitation commerciale massive de l’écorce, destinée principalement à l’industrie pharmaceutique européenne (France, Italie), a provoqué un déclin catastrophique des populations dans toute l’aire de répartition, en particulier au Cameroun, au Kenya, en RDC et à Madagascar.
L’espèce est inscrite à l’Annexe II de la CITES depuis 1995, ce qui signifie que tout commerce international nécessite un permis d’exportation délivré par l’autorité CITES du pays d’origine, conditionné à un avis de « commerce non préjudiciable » (non-detriment finding). Elle est classée « Vulnérable » (VU) sur la Liste rouge de l’UICN.
Le Cameroun, principal pays exportateur (60 à 70 % de la production mondiale), a connu des pratiques d’exploitation destructrices (abattage des arbres au lieu de l’écorçage partiel, exploitation d’arbres immatures, dépassement des quotas). Des suspensions d’exportation ont été imposées par la CITES à plusieurs reprises (2007, 2010).
Des programmes de conservation et de culture durable sont en cours : plantations au Kenya (ICRAF — Centre mondial de l’agroforesterie), au Cameroun (Prunus Africana Management Plan), à Madagascar. La culture est possible mais lente (l’arbre met 15 à 25 ans pour atteindre un diamètre exploitable). Des techniques de multiplication accélérée (bouturage, culture in vitro) ont été développées.
La question de la biopiraterie est centrale : les communautés locales africaines, détentrices du savoir traditionnel sur le prunier d’Afrique, n’ont longtemps reçu aucun bénéfice de l’exploitation commerciale de l’écorce par l’industrie pharmaceutique européenne. Le protocole de Nagoya (2010) vise à corriger cette injustice en imposant un partage équitable des bénéfices.
III. PARTIES UTILISÉES
La drogue est constituée par l’écorce de tronc et de branches de Prunus africana. La Pharmacopée française possède une monographie « Prunier d’Afrique (écorce de) — Pruni africanae cortex ». Un « usage médical bien établi » est reconnu de l’extrait d’écorce dans l’HBP.
L’écorce est récoltée sur des arbres de plus de 30 cm de diamètre. La technique traditionnelle consiste à prélever des bandes d’écorce sur deux côtés opposés du tronc (jamais plus de 50 % de la circonférence), en laissant l’arbre régénérer son écorce sur 5 à 8 ans. Le non-respect de cette technique (écorçage annulaire complet) entraîne la mort de l’arbre, ce qui a été la principale cause de déclin des populations.
L’écorce sèche se présente en morceaux aplatis ou incurvés, brun foncé à l’extérieur, brun-rose à l’intérieur, fibreux, à odeur d’amande amère. La saveur est amère et astringente.
L’extrait de référence est l’extrait lipido-stérolique obtenu par extraction au chlorure de méthylène ou à l’hexane, standardisé à ≥ 13 % de triterpènes totaux (exprimés en acide oléanolique) et à ≥ 0,5 % de β-sitostérol. Le produit de référence le mieux documenté cliniquement est le Tadenan® (Solvay/Abbott, aujourd’hui Fournier/Mylan), à la posologie de 50 ou 100 mg par jour.
IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOLÉCULAIRE
La phytochimie de l’écorce de Prunus africana comprend trois classes majeures de composés bioactifs.
Phytostérols : le β-sitostérol est le composé le plus abondant et pharmacologiquement le plus important (0,5-1 % de l’écorce sèche). Il est accompagné de β-sitostérone, campestérol, stigmastérol et de β-sitostérol-3-O-glucoside (daucostérol). Le β-sitostérol est un inhibiteur de la 5α-réductase et possède des propriétés anti-inflammatoires et anti-prolifératives au niveau prostatique.
Triterpènes pentacycliques : acide oléanolique, acide ursolique, acide crataégolique (= acide 2α-hydroxyursolique), et leurs esters (friedeline). Teneur totale en triterpènes : 3-8 % de l’écorce sèche. Ces composés possèdent des activités anti-inflammatoire, anti-œdémateuse et anti-androgénique.
Esters de l’acide férulique : esters de l’acide férulique avec des alcools gras à longue chaîne (n-docosanol, n-tétracosanol). Ces esters (n-docosyl trans-férulate, n-tétracosyl trans-férulate) sont caractéristiques de cette drogue et contribuent à l’activité anti-androgénique (inhibition de la fixation de la DHT aux récepteurs androgéniques prostatiques). Teneur : 0,5-1 % de l’écorce.
Tanins : tanins hydrolysables (ellagitanins) et tanins condensés (proanthocyanidines), en quantité notable (8-15 %), responsables de l’astringence de l’écorce.
Glycosides cyanogéniques : amygdaline et prunasine, caractéristiques du genre Prunus, responsables de l’odeur d’amande amère. Leur teneur est faible dans l’écorce de tige mais impose un contrôle qualité (dosage de l’acide cyanhydrique libérable).
Acides gras : acide linoléique, acide oléique, acide palmitique, en faibles quantités dans l’écorce.
Le contrôle qualité de l’extrait repose sur le dosage du β-sitostérol par GC ou HPLC, des triterpènes totaux par HPLC-UV et le profil chromatographique par CCM/HPTLC.
V. MÉCANISMES PHARMACODYNAMIQUES
L’extrait d’écorce de Prunus africana agit par des mécanismes multiples et complémentaires sur la physiopathologie de l’HBP.
Inhibition de la 5α-réductase : le β-sitostérol et les esters de l’acide férulique inhibent la 5α-réductase prostatique, réduisant la conversion de la testostérone en DHT au niveau du tissu prostatique. Cette inhibition est moins puissante que celle du finastéride mais contribue à réduire la stimulation androgénique de la croissance prostatique.
Activité anti-proliférative : l’extrait inhibe la prolifération des cellules stromales et épithéliales prostatiques in vitro, via l’inhibition de facteurs de croissance (EGF, bFGF, IGF-1). Le β-sitostérol et l’acide oléanolique induisent l’apoptose dans les cellules prostatiques hyperplasiques (activation de la caspase 3, régulation de Bax/Bcl-2).
Activité anti-inflammatoire : l’extrait inhibe la production de prostaglandine E₂ et de leucotriène B₄ dans le tissu prostatique, par inhibition de la COX-2 et de la 5-LOX. Il réduit la production de cytokines pro-inflammatoires et l’infiltration leucocytaire dans le stroma prostatique. Cette activité anti-inflammatoire est d’importance clinique, la composante inflammatoire étant un facteur aggravant majeur de l’HBP symptomatique.
Activité anti-œdémateuse : l’extrait réduit l’œdème prostatique en inhibant la perméabilité vasculaire dans le stroma prostatique (démontré sur le modèle d’œdème prostatique chez le rat).
Amélioration de la contractilité vésicale : l’extrait normalise les paramètres urodynamiques dans les modèles animaux d’obstruction urétrale, en restaurant la contractilité du détrusor et la compliance vésicale.
Inhibition de l’aromatase : certains composés de l’extrait inhibent l’aromatase (CYP19A1), réduisant la conversion locale de la testostérone en œstradiol. L’excès d’œstrogènes locaux est impliqué dans la prolifération stromale prostatique, et l’inhibition de l’aromatase contribue à freiner l’hyperplasie.
VI. DONNÉES CLINIQUES
L’extrait d’écorce de Prunus africana a fait l’objet de 18 essais cliniques randomisés évaluant son efficacité dans l’HBP.
La méta-analyse de référence (Wilt et al., 2002, Cochrane) a inclus 18 essais (1562 patients) et a conclu que le pygeum améliore significativement les symptômes urinaires globaux et les paramètres urodynamiques par rapport au placebo : amélioration du score des symptômes de 19 %, augmentation du débit urinaire maximal de 23 %, réduction du volume résiduel post-mictionnel de 24 %. Les patients sous pygeum rapportaient une amélioration subjective 2,1 fois plus fréquente qu’avec le placebo.
L’essai le plus important est celui de Barlet et al. (1990), multicentrique, randomisé, en double aveugle, contre placebo, incluant 263 patients. L’extrait de P. africana (100 mg/jour pendant 60 jours) a montré une amélioration significative de la pollakiurie nocturne (-32 %), du volume résiduel (-17 %) et du débit urinaire maximal (+16 %) par rapport au placebo.
Chatelain et al. (1999) ont montré qu’une dose quotidienne unique de 100 mg était aussi efficace que 50 mg deux fois par jour, facilitant l’observance.
Des études comparatives ont montré une efficacité similaire du pygeum et du palmier nain dans le traitement de l’HBP, les deux pouvant être utilisés seuls ou en association.
Les limites des études existantes incluent des échantillons souvent modestes, des durées de traitement courtes (1 à 4 mois) et l’absence d’essais récents de grande envergure avec des critères de jugement modernes (IPSS, qualité de vie).
VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOSÉS
| Composé | Classe | Action principale |
|---|---|---|
| β-sitostérol et dérivés | Phytostérols | Anti-inflammatoires prostatiques, anti-œdémateux |
| Acides oléanolique et crataégolique | Triterpènes pentacycliques | Anti-inflammatoires |
| Esters de l’acide férulique | Acides phénoliques | Antioxydants, action endocrine |
VIII. FORMES GALÉNIQUES
Extrait lipido-stérolique (Tadenan®) : capsules molles de 50 mg. Posologie : 50 mg deux fois par jour ou 100 mg en prise unique quotidienne. C’est la forme de référence, documentée cliniquement.
Extrait sec standardisé : gélules de 100 à 200 mg, standardisé en β-sitostérol (≥ 0,5 %) et triterpènes (≥ 13 %). Posologie : 100 à 200 mg par jour.
Poudre d’écorce : gélules de 500 mg, 2 à 3 fois par jour. Forme traditionnelle, peu standardisée.
Décoction d’écorce (usage traditionnel africain) : 10 à 15 g d’écorce dans 500 ml d’eau, décoction 20 minutes, 2 à 3 tasses par jour.
La durée minimale du traitement est de 6 à 8 semaines. Des cures de 2 à 4 mois sont recommandées, renouvelables. L’usage au long cours est possible.
IX. TOXICOLOGIE
L’extrait de Prunus africana possède un excellent profil de sécurité. La DL₅₀ orale chez le rat est supérieure à 6 g/kg d’extrait. Les études de toxicité subchronique n’ont pas révélé de toxicité significative.
Effets indésirables : rares et bénins. Troubles digestifs (nausées, douleurs abdominales, diarrhée, constipation) chez 2 à 5 % des patients. La méta-analyse Cochrane rapporte un profil d’effets indésirables comparable au placebo. Aucun effet sur la fonction sexuelle n’a été rapporté, ce qui constitue un avantage significatif par rapport aux inhibiteurs de la 5α-réductase synthétiques.
Glycosides cyanogéniques : l’amygdaline et la prunasine présentes dans l’écorce libèrent de l’acide cyanhydrique par hydrolyse enzymatique. Les teneurs dans les extraits commerciaux sont très faibles et ne posent pas de risque toxique aux doses thérapeutiques. Toutefois, l’ingestion d’écorce fraîche en grande quantité pourrait théoriquement être dangereuse.
Contre-indications : cancer de la prostate diagnostiqué ou suspecté, hypersensibilité aux Rosacées, grossesse et allaitement (sans objet), enfants (sans indication).
Interactions : aucune interaction médicamenteuse cliniquement significative documentée.
X. USAGES HISTORIQUES
L’écorce de Prunus africana est utilisée depuis des siècles dans les médecines traditionnelles africaines. Les usages sont documentés chez de nombreux peuples d’Afrique orientale et centrale.
Au Kenya, les guérisseurs kikuyu utilisent la décoction d’écorce pour traiter les troubles urinaires de l’homme âgé (difficultés mictionnelles, pollakiurie nocturne), ce qui correspond à l’usage phytothérapeutique moderne. L’écorce est également prescrite comme fébrifuge, antimalarique, laxatif et stomachique.
Au Cameroun, les Bakweri et les Bamiléké utilisent l’écorce contre les douleurs thoraciques, les fièvres, la stérilité masculine et les maladies vénériennes. Les feuilles sont employées en cataplasme sur les plaies.
En Afrique du Sud, le « red stinkwood » est traditionnellement utilisé comme remède stomachique, comme traitement des douleurs rénales et comme purgatif. Le bois, dur et durable, est apprécié en ébénisterie et en construction.
À Madagascar, l’écorce est utilisée dans les médecines traditionnelles malgaches pour les affections urinaires et les rhumatismes.
L’introduction du prunier d’Afrique dans la phytothérapie occidentale remonte aux années 1960, lorsque des chercheurs français (Debat, Galliard, Lépine) isolèrent et caractérisèrent les principes actifs de l’écorce et développèrent l’extrait standardisé Tadenan®.
Confusions et falsifications
À l’état frais, Prunus africana peut être confondu avec d’autres arbres de la forêt afromontane à écorce foncée et feuillage sempervirent, notamment Syzygium guineense (Myrtacées) et certains Ilex (Aquifoliacées). L’odeur d’amande amère de l’écorce fraîche est un critère diagnostique fiable.
Sur le marché de la drogue sèche, des substitutions par de l’écorce d’autres Rosacées (Prunus serotina, Prunus avium) ou d’espèces non apparentées ont été documentées. L’analyse microscopique (présence de cristaux d’oxalate, structure du liber) et l’analyse chimique (profil HPLC des phytostérols et des triterpènes, dosage du β-sitostérol et de l’acide oléanolique) permettent de vérifier l’authenticité.
La traçabilité de la matière première est un enjeu crucial en raison des réglementations CITES. Les lots doivent être accompagnés de permis d’exportation et de certificats d’origine attestant de la légalité et de la durabilité de la récolte.
XI. SYNTHÈSE PHARMACOGNOSIQUE
Prunus africana est une plante médicinale d’importance majeure en phytothérapie urologique, dont l’extrait d’écorce constitue un traitement validé de l’HBP symptomatique. Son profil pharmacologique multifactoriel (anti-androgénique, anti-inflammatoire, anti-prolifératif, anti-œdémateux) et son excellent profil de sécurité en font un traitement de premier choix, seul ou en association avec le palmier nain.
L’avenir de cette drogue dépend cependant de la résolution des enjeux de conservation : la mise en place de filières de culture durable, le respect des réglementations CITES, le partage équitable des bénéfices avec les communautés locales et la recherche de sources alternatives (culture in vitro, biotechnologie végétale) sont des priorités absolues. La recherche de formulations optimisées et la conduite d’essais cliniques modernes de grande envergure permettront de consolider la place du prunier d’Afrique dans l’arsenal thérapeutique urologique.
XII. BIBLIOGRAPHIE ACADÉMIQUE
Barlet A., Albrecht J., Aubert A. et al. Efficacy of Pygeum africanum extract in the medical therapy of urination disorders due to benign prostatic hyperplasia. Wiener Klinische Wochenschrift, 1990, 102(22) : 667-673.
Chatelain C., Autet W., Brackman F. Comparison of once and twice daily dosage forms of Pygeum africanum extract in patients with benign prostatic hyperplasia. Urology, 1999, 54(3) : 473-478.
Cunningham A.B., Mbenkum F.T. Sustainability of harvesting Prunus africana bark in Cameroon: a medicinal plant in international trade. People and Plants Working Paper 2, UNESCO, 1993.
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Stewart K.M. The African cherry (Prunus africana): can lessons be learned from an over-exploited medicinal tree? Journal of Ethnopharmacology, 2003, 89(1) : 3-13.
Wilt T., Ishani A., MacDonald R. et al. Pygeum africanum for benign prostatic hyperplasia. Cochrane Database of Systematic Reviews, 2002, (1) : CD001044.
Yemane H., Hernández-Pérez T., García-García J.D. Chemical composition and pharmacological effects of Prunus africana bark: a review. Phytotherapy Research, 2021, 35(12) : 6555-6571.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES — NOTATION
- ★★★★☆ Antiprostatique (HBP, usage bien établi)
- ★★★☆☆ Anti-inflammatoire prostatique
- ★★☆☆☆ Décongestionnant