COLOQUINTE

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Planche botanique COLOQUINTE

Famille (classification morphologique traditionnelle) : Cucurbitacées (Cucurbitaceae).


I. SYSTÉMATIQUE ET TAXONOMIE

Nom latin : Citrullus colocynthis (L.) Schrad.
Famille : Cucurbitacées (Cucurbitaceae)
Genre : CitrullusEspèce : Citrullus colocynthis
Noms vernaculaires : coloquinte, coloquinte officinale, coloquinte amère, pomme amère, « pomme de Sodome », handhal (arabe).


II. DESCRIPTION BOTANIQUE

Plante vivace par sa souche, à racine pivotante épaisse et profonde. Tiges grêles, rudes, anguleuses, longues de 1 à 2 m, étalées sur le sol ou grimpantes par des vrilles. Feuilles alternes, longuement pétiolées, profondément découpées en lobes étroits, rugueuses, d’un vert grisâtre. Fleurs jaunes, solitaires à l’aisselle des feuilles, unisexuées (plante monoïque). Fruit caractéristique : une baie sphérique de la taille d’une orange (5-10 cm), lisse, marbrée de vert puis jaunissant à maturité, à pulpe blanche, spongieuse et d’une amertume extrême, renfermant de nombreuses graines aplaties.

Écologie et répartition

Espèce des régions chaudes et arides, la coloquinte croît sur les sols sableux et caillouteux des zones désertiques et semi-désertiques d’Afrique du Nord, du Sahara, du Sahel, du Proche et du Moyen-Orient jusqu’en Asie centrale et en Inde. Naturalisée sur quelques littoraux méditerranéens. Plante très résistante à la sécheresse.


III. PARTIES UTILISÉES

Plante toxique. La pulpe du fruit a été utilisée historiquement comme purgatif drastique ; cet usage est aujourd’hui abandonné. Les graines (pauvres en cucurbitacines) fournissent une huile.


IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOLÉCULAIRE

La pulpe contient des cucurbitacines, triterpènes extrêmement amers et fortement irritants : principalement la colocynthine et la cucurbitacine E, avec d’autres cucurbitacines et glucosides. Les graines, en revanche, sont pauvres en cucurbitacines et riches en huile (utilisées localement comme oléagineux après détoxification).


V. MÉCANISMES PHARMACODYNAMIQUES

Les cucurbitacines (colocynthine, cucurbitacine E) sont de puissants irritants des muqueuses digestives : elles provoquent une hypersécrétion et une hyperpéristaltisme à l’origine de l’effet purgatif drastique — mécanisme indissociable de leur toxicité.


VI. DONNÉES CLINIQUES

Aucune donnée clinique moderne ; l’usage purgatif historique a été abandonné en raison du danger. Niveau de preuve : sans objet (usage proscrit).


VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOSÉS

Composé Classe Action principale
Colocynthine, cucurbitacine E Cucurbitacines (triterpènes) Purgatif drastique, fortement irritant et toxique
Huile (graines) Lipides Usage non médicinal

VIII. FORMES GALÉNIQUES

Aucune forme galénique recommandée : la coloquinte est trop toxique pour un usage thérapeutique. Mention strictement historique.


IX. TOXICOLOGIE

Plante violemment toxique, y compris le fruit séché. Dès une faible dose (de l’ordre de 0,2 g de pulpe), elle agit comme un purgatif d’une violence extrême. L’ingestion provoque des douleurs abdominales intenses, vomissements, diarrhées profuses et hémorragiques (colite aiguë), déshydratation et atteinte rénale ; elle est abortive. Une dose de l’ordre de 2 à 5 g peut être mortelle, et des intoxications humaines graves sont régulièrement rapportées. La coloquinte ne doit faire l’objet d’aucun usage domestique.


X. USAGES HISTORIQUES

Connue et redoutée depuis l’Antiquité (Dioscoride, médecine arabe), la coloquinte a été employée comme purgatif drastique et comme abortif. Cet usage est aujourd’hui totalement abandonné en raison de sa dangerosité : l’écart entre dose « active » et dose toxique est dérisoire.

Confusions

À ne pas confondre avec les « coloquintes » ornementales (courges décoratives, cultivars de Cucurbita pepo, non comestibles) ni avec la pastèque (Citrullus lanatus), sa cousine comestible. À noter : une courge potagère anormalement amère (mutation) peut elle aussi être toxique (« syndrome de la cucurbitacine ») et ne doit jamais être consommée.

Sources

toxiplante.fr (monographie Citrullus colocynthis) ; J. Bruneton, Plantes toxiques et Pharmacognosie ; cas cliniques publiés.


XI. SYNTHÈSE PHARMACOGNOSIQUE

La coloquinte est une cucurbitacée du désert, célèbre pour son amertume extrême et sa toxicité. Purgatif drastique de la pharmacopée ancienne, elle a été abandonnée : les cucurbitacines responsables de l’effet sont indissociables d’un risque sérieux d’irritation et d’intoxication. Son intérêt est aujourd’hui botanique et historique.


XII. BIBLIOGRAPHIE ACADÉMIQUE

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