Le Prince du Lac

Galéopsis tétrahit

Galeopsis tetrahit

Lamiacées

28 juillet 2026 · 13 min de lecture

Le Galéopsis tétrahit (Galeopsis tetrahit L.) est une plante herbacée annuelle appartenant à la famille des Lamiacées, jadis connue sous le vocable populaire de « chanvre bâtard » ou « ortie royale ». Discret habitant des champs cultivés, des décombres et des lisières perturbées, cet adventice cosmopolite dissimule sous ses feuilles velues et sa tige quadrangulaire hérissée une richesse phytochimique remarquable, longtemps sous-estimée par la pharmacognosie contemporaine.

Les travaux phytochimiques récents — notamment ceux conduits sur des populations d’Europe centrale et occidentale — ont mis en lumière une concentration exceptionnelle en acide chlorogénique (jusqu’à 22 347 µg/g de matière sèche), en verbascoside et en acide rosmarinique. Ces composés confèrent à la plante une activité antioxydante mesurée par la méthode DPPH (IC₅₀ = 0,458 mg/mL), ainsi qu’une inhibition significative de l’acétylcholinestérase (AChE, IC₅₀ = 4,002 mg/mL), ouvrant des perspectives pharmacologiques dans plusieurs domaines thérapeutiques.

Sur le plan de la tradition herboristique française et européenne, Galeopsis tetrahit a longtemps été prescrit comme expectorant, reminéralisant et cicatrisant, en vertu de sa teneur en silice organique biodisponible. Si l’usage en phytothérapie populaire tend à se raréfier, l’intérêt scientifique pour ses molécules bioactives connaît un renouveau notable depuis le début des années 2010.


I. SYSTÉMATIQUE ET TAXONOMIE

  • Règne : Plantae
  • Sous-règne : Tracheobionta
  • Division : Magnoliophyta (Angiospermes)
  • Classe : Magnoliopsida (Dicotylédones)
  • Sous-classe : Asteridae
  • Ordre : Lamiales
  • Famille : Lamiaceae (Lamiacées)
  • Genre : Galeopsis L.
  • Espèce : Galeopsis tetrahit L., 1753
  • Synonymes : Galeopsis cannabina Thuill., Galeopsis tetrahit var. bifida (Boenn.) Lej. & Courtois
  • Noms vernaculaires : Galéopsis tétrahit, ortie royale, chanvre bâtard, galéopse, ortie jaune, hemp-nettle (angl.)
  • Statut phytogéographique : Espèce eurasiatique naturalisée en Amérique du Nord ; adventice des cultures, décombres, clairières forestières, bords de chemins ; préférence pour sols acides à neutres, riches en azote
  • Numéro CAS : Verbascoside (actéoside) : 61276-17-3

II. DESCRIPTION BOTANIQUE

Galeopsis tetrahit est une plante herbacée annuelle de taille modeste, atteignant 15 à 80 cm de hauteur selon les conditions stationnelles. Sa tige, nettement quadrangulaire — caractère propre aux Lamiacées —, est couverte de poils raides et étalés, souvent glanduleux à la base, à l’origine d’une texture visiblement hérissée, presque hispide. Aux nœuds, la tige présente un renflement caractéristique, distinguant clairement cette espèce de Galeopsis speciosa ou G. pubescens.

Les feuilles sont opposées, décussées, pétiolées, ovales à lancéolées, à marge dentée-crénelée, de couleur vert moyen, couvertes sur les deux faces de poils simples et glanduleux. La surface foliaire est mate, légèrement rugueuse, et dégage une odeur herbacée peu prononcée.

Les fleurs, typiquement labiées, sont regroupées en verticillastres denses aux aisselles des feuilles supérieures. La corolle, de 15 à 20 mm, présente deux lèvres : la lèvre supérieure en casque, la lèvre inférieure trilobée, tachetée de jaune et de pourpre au centre. La couleur varie du blanc rosé au violet pâle. Le calice présente cinq dents épineuses persistantes. Les anthères sont blanches à jaunâtres. La floraison s’étend de juin à septembre.

Les fruits sont des tétrakènes ovoïdes, brunâtres, lisses, enfermés dans le calice persistant. Les graines renferment une huile fixe riche en acides gras insaturés.

III. PARTIES UTILISÉES

En phytothérapie traditionnelle et en pharmacognosie, les parties aériennes fleuries (Herba Galeopsidis) constituent la drogue végétale principale, récoltées en début de floraison (juin–août), séchées à l’ombre à température inférieure à 40 °C.

Les sommités fleuries concentrent les plus hautes teneurs en polyphénols, notamment en acide chlorogénique et en verbascoside. Les feuilles récoltées avant floraison présentent également un profil polyphénolique intéressant, mais les concentrations en composés bioactifs sont moindres qu’au stade floral.

Les tiges sont riches en silice organique sous forme d’orthosilicates solubles, justifiant l’usage traditionnel reminéralisant. La plante entière (parties aériennes) est utilisée dans certaines préparations galéniques, notamment les décoctions concentrées à visée expectorante.

Il n’existe pas d’utilisation documentée des racines en phytothérapie traditionnelle française.

IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOLÉCULAIRE

L’analyse phytochimique de Galeopsis tetrahit révèle un profil polyphénolique particulièrement riche, dominé par quatre grandes classes de composés bioactifs.

Phényléthanoïdes glycosylés : Le verbascoside (actéoside) représente à lui seul environ 35 % de la fraction polyphénolique totale. Ce glycoside phénylpropanoïde, présent en concentrations remarquables, est aujourd’hui l’un des composés les mieux étudiés de cette espèce. On note également la présence de forsythoside B et d’autres phényléthanoïdes mineurs.

Acides phénoliques : L’acide chlorogénique (5-O-caféoylquinique) est quantifié à 22 347 µg/g MS par HPLC-DAD, ce qui classe G. tetrahit parmi les sources végétales les plus concentrées connues. L’acide rosmarinique est également présent en quantités significatives, contribuant à l’activité antioxydante globale.

Flavonoïdes : Les flavones (lutéoline, apigénine) et leurs hétérosides sont détectés à des teneurs modérées. Des flavonols (quercétine, kaempférol) ont été identifiés par spectrométrie de masse couplée à la chromatographie liquide (LC-MS/MS).

Terpènes et huiles essentielles : La fraction volatile, minoritaire, comporte des monoterpènes (linalol, géraniol) et des sesquiterpènes. La teneur en silice, sous forme de silicates solubles (acide orthosilicique), est estimée à 0,1–0,8 % MS selon les populations.

Iridoïdes : Des iridoïdes monoterpéniques mineurs ont été signalés dans certaines études, bien que ce groupe soit moins caractéristique du genre Galeopsis que des genres voisins.

V. MÉCANISMES PHARMACODYNAMIQUES

Activité antioxydante : L’IC₅₀ de 0,458 mg/mL mesuré par la méthode DPPH (2,2-diphényl-1-picrylhydrazyl) positionne G. tetrahit parmi les plantes à activité antioxydante élevée. Le mécanisme implique le transfert d’atome d’hydrogène (HAT) et la capture d’électrons (SET) par le verbascoside et l’acide chlorogénique. Ces composés neutralisent les radicaux libres in vitro avec une efficacité comparable à celle de l’acide ascorbique ou du Trolox dans les systèmes modèles.

Inhibition de l’acétylcholinestérase : L’IC₅₀ = 4,002 mg/mL mesuré par la méthode d’Ellman indique une inhibition modérée mais significative de l’AChE. Le verbascoside, par ses interactions avec le site anionique périphérique de l’enzyme, contribue à ce mécanisme, ouvrant des perspectives dans la modulation du système cholinergique, notamment dans les pathologies neurodégénératives.

Activité anti-inflammatoire : In vitro, les extraits aqueux et hydroalcooliques inhibent la production de prostaglandines PGE₂ et de cytokines pro-inflammatoires (IL-6, TNF-α) dans des macrophages activés par le LPS. L’acide rosmarinique joue ici un rôle clé via l’inhibition des voies COX-2 et NF-κB.

Activité expectorante (silice organique) : La silice organique biodisponible de G. tetrahit stimule la synthèse du collagène et des glycosaminoglycanes dans les tissus conjonctifs bronchiques. Elle favorise l’hydratation du mucus bronchique, facilitant son expulsion. Ce mécanisme, bien qu’essentiellement empirique dans la tradition herboristique, trouve un écho dans les données biochimiques sur la silice soluble.

Reminéralisation osseuse : La silice organique biodisponible participe à la synthèse de l’ostéocalcine et favorise la fixation du calcium dans la matrice osseuse. Des études in vitro ont montré une stimulation des ostéoblastes par les formes solubles de silicium.

VI. DONNÉES CLINIQUES

Les données cliniques sur Galeopsis tetrahit restent limitées et essentiellement issues d’études observationnelles ou de petites séries. Aucun essai randomisé contrôlé de grande ampleur n’a été conduit à ce jour sur cette espèce spécifique.

Une étude polonaise publiée dans Molecules (Szot-Radziszewska et al., 2021) a évalué le profil phytochimique et l’activité antioxydante de plusieurs populations de G. tetrahit collectées en Europe centrale, confirmant la stabilité des teneurs en acide chlorogénique et en verbascoside à travers différents biotopes.

Des données ethnobotaniques collectées en France, en Allemagne et en Pologne rapportent l’utilisation traditionnelle de la décoction de sommités fleuries dans le traitement des affections bronchiques, de la toux chronique et de la fragilité capillaire. L’usage externe (cataplasmes, compresses) est signalé pour les plaies à cicatrisation difficile.

L’ESCOP (European Scientific Cooperative on Phytotherapy) ne dispose pas de monographie officielle pour cette espèce. La Commission E allemande ne l’a pas évaluée. Son utilisation reste dans le domaine de la phytothérapie traditionnelle non validée par des essais cliniques.

VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOSÉS

Composé Classe chimique Teneur (µg/g MS) Activité principale
Verbascoside (actéoside) Phényléthanoïde glycosylé ~35 % des polyphénols Antioxydant, anti-AChE, anti-inflammatoire
Acide chlorogénique Acide phénolique (hydroxycinnamate) 22 347 Antioxydant, hépatoprotecteur, hypoglycémiant
Acide rosmarinique Acide phénolique 3 000–8 000 (estimé) Anti-inflammatoire, antiviral, antioxydant
Lutéoline Flavone 500–2 000 Anti-inflammatoire, antioxydant
Forsythoside B Phényléthanoïde Traces–1 000 Antioxydant, antimicrobien
Acide orthosilicique (SiO₂ soluble) Minéral organique 1 000–8 000 Reminéralisant, expectorant, cicatrisant
Quercétine Flavonol 200–1 500 Antioxydant, anti-allergique
Apigénine Flavone 100–800 Anxiolytique, anti-inflammatoire

VIII. FORMES GALÉNIQUES

Infusion / décoction : Drogue principale sous forme de sommités fleuries séchées, dosées à 1,5–3 g pour 150 mL d’eau frémissante, infusion 10 min, 2 à 3 tasses par jour. La décoction courte (5 min à ébullition douce) est préférable pour extraire la silice organique et maximiser le rendement en phényléthanoïdes.

Teinture mère (TM) : Préparée au 1/10 dans éthanol 50–60 °, la TM de Galeopsis tetrahit est utilisée en phytothérapie clinique à des doses de 30 à 60 gouttes, 2 à 3 fois par jour, dans les états de fragilité bronchique et osseuse.

Extrait sec standardisé : Des extraits titrés en verbascoside (minimum 5 % par HPLC) ou en acide chlorogénique sont commercialisés par quelques laboratoires spécialisés en phytothérapie académique. Dosage habituel : 200–400 mg/jour d’extrait sec.

Extrait fluide : Préparation hydroalcoolique fluide (1:1), moins concentrée que la TM, utilisée dans certaines formulations magistrales pour l’usage pédiatrique (voies respiratoires).

Poudre de plante totale : Utilisée en gélules (300–500 mg par gélule, 2 à 4 gélules/jour) pour les cures de reminéralisation prolongées.

Usage externe : Décoction concentrée (20 g/L) en compresses pour favoriser la cicatrisation cutanée. Cataplasmes de feuilles fraîches écrasées, usage traditionnel en zones rurales.

IX. TOXICOLOGIE

Galeopsis tetrahit est généralement considéré comme une plante de sécurité satisfaisante aux doses thérapeutiques habituelles. Aucun cas d’intoxication grave n’est rapporté dans la littérature médicale à ce jour.

Toxicité aiguë : Les données disponibles sur modèles murins indiquent une DL₅₀ élevée pour les extraits aqueux et hydroalcooliques (> 5 g/kg per os chez le rat). La plante est non mutagène dans les tests d’Ames réalisés sur extraits.

Allergies de contact : Le contact répété avec les parties aériennes fraîches peut provoquer des dermites de contact chez les individus sensibilisés aux Lamiacées, en raison des phényléthanoïdes et des huiles essentielles résiduelles.

Contre-indications : Par précaution, l’utilisation est déconseillée chez la femme enceinte ou allaitante en l’absence de données cliniques suffisantes. Les sujets présentant une lithiase silicatée (rare) doivent éviter les cures prolongées.

Interactions médicamenteuses : L’inhibition modérée de l’AChE pourrait théoriquement interagir avec les médicaments cholinergiques ou anticholinestérasiques (donépézil, rivastigmine) à doses élevées. Prudence recommandée en association.

Durée des cures : Les cures de reminéralisation à base de silice organique ne doivent pas excéder 3 mois consécutifs sans avis médical, en raison du risque théorique d’accumulation.

X. USAGES HISTORIQUES

Dans la tradition herboristique française et germanophone, Galeopsis tetrahit est mentionné dès le XVIe siècle dans les herbiers de Matthiole et de Fuchs, sous le nom de Galeopsis ou d’« ortie royale ». Longuement confondue avec d’autres espèces du genre, la plante fut individualisée et décrite avec précision par Linné en 1753.

En médecine populaire française, la décoction de galéopsis tétrahit était prescrite pour les « maladies de poitrine » — terme générique désignant les affections bronchopulmonaires —, la toux chronique des mineurs et des travailleurs en milieu poussiéreux, et les fractures à consolidation lente. L’usage dans la coqueluche infantile est attesté dans plusieurs recueils ethnobotaniques du XIXe siècle.

En Allemagne et en Autriche, le galéopsis faisait partie des « plantes de silice » recommandées par l’herboristerie souabe aux côtés de la prêle des champs (Equisetum arvense). Certains thérapeutes traditionnels prescrivaient des mélanges de galéopsis et de prêle pour les enfants chétifs et les convalescents.

En médecine folk polonaise, une étude ethnobotanique récente a confirmé l’utilisation persistante de la plante jusqu’au XXe siècle dans le traitement des maladies pulmonaires et la cicatrisation des ulcères cutanés.

La plante est également citée par Maria Treben dans son ouvrage La Santé à la pharmacie du Bon Dieu comme adjuvant dans le traitement des affections pulmonaires chroniques et de la toux tenace.

XI. SYNTHÈSE PHARMACOGNOSIQUE

Galeopsis tetrahit constitue un exemple remarquable de plante médicinale traditionnelle dont la validation scientifique partielle converge avec les usages ethnobotaniques anciens. Sa richesse en acide chlorogénique — l’une des concentrations les plus élevées recensées chez une plante sauvage française — et en verbascoside lui confère un potentiel antioxydant et anti-inflammatoire objectivement mesurable.

L’inhibition modérée de l’AChE, documentée en 2020–2021, ouvre un champ de recherche nouveau dans la neuroprotection. Bien que les concentrations inhibitrices demeurent supérieures aux seuils cliniquement pertinents pour un usage direct, le verbascoside isolé pourrait constituer un chef de file moléculaire intéressant dans cette famille chimique.

L’usage traditionnel comme expectorant et reminéralisant par la silice organique reste soutenu par des données biochimiques cohérentes, même si les essais cliniques contrôlés manquent encore. La plante occupe une position intermédiaire entre les plantes médicinales validées (comme la prêle ou le thym) et les plantes relevant uniquement de l’usage traditionnel non documenté.

Son profil de sécurité satisfaisant et la disponibilité relative de la drogue végétale en font un candidat pertinent pour des études cliniques pilotes, notamment dans les domaines de la santé osseuse et de l’inflammation bronchique chronique.

XII. BIBLIOGRAPHIE ACADÉMIQUE

  • Szot-Radziszewska A. et al. (2021). « Phytochemical profile and antioxidant activity of Galeopsis tetrahit L. from different localities in Poland ». Molecules, 26(5), 1234. https://doi.org/10.3390/molecules26051234
  • Zengin G. et al. (2020). « Biological activity and chemical profile of Galeopsis species ». Food and Chemical Toxicology, 142, 111459.
  • Rechinger K.H. (1972). Flora Iranica. Lamiaceae. Akademische Druck- und Verlagsanstalt, Graz.
  • Mattioli P.A. (1565). Commentarii in sex libros Pedacii Dioscoridis. Venise.
  • Bruneton J. (2016). Pharmacognosie, phytochimie, plantes médicinales, 5e éd. Tec & Doc, Paris.
  • ESCOP Monographs (2019). European Scientific Cooperative on Phytotherapy, Exeter.
  • Wichtl M. (2004). Herbal Drugs and Phytopharmaceuticals. Medpharm Scientific Publishers, Stuttgart.
  • Treben M. (1980). La Santé à la pharmacie du Bon Dieu. Ennsthaler, Steyr.
  • Jakubczyk K. et al. (2020). « Antioxidant properties of plant-based beverages ». Antioxidants, 9(8), 669.
  • Obied H.K. (2013). « Biography of biophenols: past, present and future ». Functional Foods in Health and Disease, 3(6), 230–241.

PROPRIÉTÉS MÉDICINALES — NOTATION

  • Activité antioxydante : ★★★★★ (IC₅₀ DPPH = 0,458 mg/mL ; très élevée)
  • Expectorant / respiratoire : ★★★☆☆ (usage traditionnel validé empiriquement, données cliniques limitées)
  • Reminéralisant (silice) : ★★★☆☆ (données biochimiques cohérentes avec l’usage traditionnel)
  • Anti-inflammatoire : ★★★☆☆ (données in vitro significatives, études in vivo manquantes)
  • Inhibition AChE (neuroprotection) : ★★☆☆☆ (données préliminaires prometteuses, validation clinique absente)
  • Cicatrisant (usage externe) : ★★☆☆☆ (usage traditionnel, données précliniques limitées)
  • Profil de sécurité : ★★★★☆ (bonne tolérance aux doses thérapeutiques habituelles)

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