Kaempférol

Le kaempférol est un flavonol, c’est-à-dire l’un des groupes de la grande famille des flavonoïdes, elle-même rangée parmi les polyphénols. On le trouve dans de nombreuses plantes alimentaires, comme le thé, les choux, les haricots, l’endive, le poireau, la tomate, la fraise ou le raisin, et dans des plantes de la médecine traditionnelle comme le ginkgo, les tilleuls, les prêles ou le moringa. Sur ce site, il est cité dans 367 fiches de plantes, seul ou sous l’une de ses formes sucrées.
I. Sa formule
Sa formule brute est C15H10O6, pour une masse molaire de 286,24 g/mol. Il possède le squelette commun aux flavonoïdes : deux cycles aromatiques reliés par un cycle central contenant un atome d’oxygène. Il porte quatre groupes hydroxyle (–OH), aux positions 3, 5 et 7 et sur le cycle latéral. C’est un proche parent de la quercétine : les deux molécules ne diffèrent que par un seul groupe hydroxyle, car le cycle latéral du kaempférol n’en porte qu’un, là où celui de la quercétine en porte deux. Le corps humain ne comble pas cette différence : dans une étude d’absorption, aucune trace de quercétine n’est apparue dans le sang ni dans les urines des volontaires qui avaient mangé du kaempférol.
La formule dessinée ci-contre a été tracée par ordinateur à partir de la description officielle de la molécule, et non dessinée à la main : chaque liaison y est exacte.
II. Ce qu’il fait dans la plante
Le kaempférol joue un rôle dans la reproduction de certaines plantes. Chez le pétunia et le maïs, des plantes privées de l’enzyme qui ouvre la voie des flavonoïdes ne peuvent plus se féconder elles-mêmes, parce que leur pollen ne forme pas de tube pollinique fonctionnel. En 1992, des chercheurs ont identifié le kaempférol comme l’une des substances du stigmate qui déclenchent la germination du pollen chez le pétunia : il suffit d’en ajouter une infime quantité pour rétablir la croissance du tube pollinique et une production normale de graines.
Il intervient aussi dans la croissance. Chez l’arabette (Arabidopsis thaliana), une forme du kaempférol portant deux sucres freine le transport de l’auxine, une hormone qui règle la croissance de la plante : plus la plante en contient, plus ce transport est faible et plus la plante reste petite. Ces deux exemples montrent qu’un même flavonol peut servir de signal, et pas seulement de protection.
III. Sous quelles formes on le trouve
Comme la quercétine, le kaempférol est le plus souvent attaché à un sucre dans la plante, plutôt qu’à l’état libre. Les fiches du site citent notamment le kaempférol-3-O-glucoside, également appelé astragaline, où un glucose est fixé sur la position 3. La nature du sucre compte : selon une revue de 2019, les aliments les plus riches ne sont pas forcément ceux dont le kaempférol passe le mieux dans le sang, et une fois absorbé, il est aussitôt transformé par le foie en dérivés qui circulent à sa place.
Une étude menée en 2004 sur huit volontaires l’illustre. Après un repas d’endive, qui en apporte 9 mg, le kaempférol est apparu dans le sang, surtout sous forme de kaempférol-3-glucuronide, la forme même que contient l’endive ; il y atteint son maximum près de six heures après le repas. Les auteurs concluent qu’il est mieux absorbé que la quercétine, même à faible dose, et que les écarts d’un volontaire à l’autre sont modestes.
IV. Ce que l’on sait chez l’être humain
Les données humaines viennent surtout d’études d’observation, qui suivent de grandes populations en notant leur alimentation. Une méta-analyse de 2021 portant sur 39 études trouve qu’une consommation plus élevée de kaempférol va de pair avec un risque cardiovasculaire plus faible. Dans une cohorte de 921 personnes âgées, en moyenne de 81 ans, examinées chaque année, celles qui en consommaient le plus avaient deux fois moins de risque de développer une maladie d’Alzheimer que celles qui en consommaient le moins. Ces études décrivent une association, sans prouver que le kaempférol en soit la cause.
Les essais cliniques sur la molécule isolée sont rares, parce qu’une substance aussi répandue ne peut guère être brevetée et que peu de financeurs s’y intéressent. Un essai japonais de 2025 a donné une dose unique de 10 mg à seize athlètes entraînés : pendant un effort modéré, ils consommaient moins d’oxygène que sous placebo, et ils tenaient plus longtemps à pleine intensité. C’est un premier résultat, sur un très petit groupe. Les auteurs de la revue de 2019 notent de leur côté que peu d’études ont examiné les plantes riches en kaempférol, et que ses formes végétales, mieux absorbées, pourraient agir à dose plus faible.
V. Précautions
Consommé dans les légumes, les fruits et les plantes, le kaempférol fait partie de l’alimentation humaine de toujours. Les précautions portent sur les flavonoïdes purifiés pris à forte dose en complément. Une revue de 2011 rappelle qu’à ces doses, ils peuvent perturber le statut en oligo-éléments, en folates et en vitamine C, montrer une action sur la thyroïde et interagir avec certains médicaments. Une personne sous traitement qui envisage un complément doit en parler à son médecin.
Les plantes du site qui en contiennent
Cette liste reprend les fiches du site qui citent ce composé dans la composition de la plante. Si le texte ci-dessus contredit l’une d’elles, c’est lui qui fait foi : la fiche sera revue.
Les 367 fiches qui citent la Kaempférol sont rangées ci-dessous par famille. Chaque nom mène à la fiche de la plante.
Amaranthacées — Chénopode blanc, Chénopode bon-henri.
Amaryllidacées — Ail à trois angles, Ail des ours, Ciboulette, Poireau de vigne.
Apiacées — Ammi élevé, Ammi visnage, Aneth odorant, Angélique des bois, Berle à larges feuilles, Berle dressée, Bifore rayonnante, Buplèvre à feuilles rondes, Buplèvre en faux, Centella asiatica, Criste marine, Eryngium champêtre, Eryngium maritime, Égopode podagraire, Fenouil des alpes, Grande berce, Livèche officinale, Macéron, Panais cultivé, Petite ciguë, Pimprenelle saxifrage, Sanicle d’europe, Séséli des montagnes, Silaüs des prés, Torilis des champs, Torilis noueuse, Œnanthe safranée.
Apocynacées — Dompte-venin officinal, Grande pervenche, Laurier-rose, Pao pereira, Petite pervenche.
Aquifoliacées — Houx commun.
Aracées — Calla des marais, Gouet d’italie, Gouet tacheté.
Araliacées — Lierre d’algérie, Lierre d’irlande, Lierre grimpant.
Arécacées — Palmier nain.
Aristolochiacées — Aristoloche clématite.
Asclépiadacées — Gymnema.
Asparagacées — Agave d'amérique, Asperge, Muguet de mai, Sceau de Salomon commun, Sceau de salomon odorant, Scille maritime.
Aspléniacées — Capillaire des murailles, Cétérach officinal, Doradille noire, Scolopendre.
Astéracées — Arnica des montagnes, Centaurée des montagnes, Génépi, Grindélia, Hélichryse italienne.
Bétulacées — Bouleau verruqueux, Charme-houblon.
Boraginacées — Bourrache officinale, Buglosse officinale.
Brassicacées — Arabette des sables, Barbarée commune, Cardamine des prés, Cardamine hérissée, Chou sauvage, Cresson de fontaine, Diplotaxis à feuilles étroites, Diplotaxis fausse roquette, Drave des murailles, Drave printanière, Ibéris amère, Julienne des dames, Lepidium des champs, Moutarde blanche, Moutarde des champs, Passerage drave, Radis cultivé, Raifort rustique, Ravenelle, Roquette sauvage, Thlaspi des champs.
Campanulacées — Campanule agglomérée, Campanule à feuilles rondes, Campanule gantelée, Campanule persicifoliée, Campanule raiponce, Raiponce des alpes, Raiponce en épi.
Cannabacées — Micocoulier de provence.
Caprifoliacées — Chèvrefeuille des alpes, Chèvrefeuille des bois, Chèvrefeuille des haies, Chèvrefeuille d’italie, Linnée boréale, Sureau noir, Sureau rouge.
Caryophyllacées — Alsine intermédiaire, Céraiste commun, Céraiste glomérulé, Minuartie printanière, Sabline des champs, Sabline des montagnes, Silène blanc, Silène maritime, Spergulaire rouge, Œillet sauvage.
Cistacées — Ciste à feuilles de laurier, Ciste à feuilles de sauge, Ciste cotonneux, Ciste de montpellier, Hélianthème à feuilles de lavande, Hélianthème commun, Hélianthème de montpellier, Hélianthème des alpes, Hélianthème des apennins.
Clusiacées — Garcinia.
Combrétacées — Arjuna.
Convolvulacées — Cuscute des champs, Cuscute du thym, Cuscute du trèfle, Cuscute d’europe.
Cornacées — Cornouiller mâle, Cornouiller sanguin.
Crassulacées — Crassule rougeâtre, Joubarbe à toile d’araignée, Joubarbe des montagnes, Joubarbe des toits, Nombril-de-vénus, Orpin blanc, Orpin élégant, Orpin pourpre, Orpin réfléchi, Orpin téléphium.
Cucurbitacées — Jiaogulan, Melon sauvage, Pastèque sauvage.
Dryoptéridacées — Fougère mâle.
Equisétacées — Grande prêle, Prêle des champs.
Ericacées — Airelle des marais, Airelle myrtille (Vaccinium myrtillus L.), Airelle rouge, Andromède à feuilles de polium, Bruyère arborescente, Bruyère à quatre angles, Bruyère cendrée, Bruyère vagabonde, Busserole, Callune, Canneberge, Monotrope sucepin, Pyrole à feuilles rondes, Pyrole verdâtre, Rhododendron ferrugineux, Rhododendron hirsute.
Euphorbiacées — Euphorbe des bois, Euphorbe verruqueuse, Mercuriale annuelle.
Éléagnacées — Argousier.
Fabacées — Ajonc d’europe, Anthyllide vulnéraire, Arbre de Judée (Cercis siliquastrum), Coronille variée, Cytise laburnum, Fenugrec, Galéga officinal, Genêt à balais, Gesse des prés, Lotier corniculé, Lupin polyphylle, Mélilot officinal, Robinier faux-acacia, Sainfoin cultivé, Séné, Trèfle blanc, Trèfle des prés, Vesce commune, Vesce cracca.
Fagacées — Châtaignier, Hêtre commun.
Géraniacées — Bec-de-grue à feuilles de ciguë, Bec-de-grue à feuilles de mauve, Bec-de-grue de manescau, Bec-de-grue musqué, Géranium brun, Géranium colombin, Géranium des prés, Géranium des pyrénées, Géranium dissecté, Géranium herbe-à-robert, Géranium luisant, Géranium mou, Géranium noueux, Géranium rond, Géranium sanguin, Pélargonium.
Ginkgoacées — Ginkgo.
Grossulariacées — Cassis, Groseillier à fleurs, Groseillier à maquereau, Groseillier des alpes, Groseillier des rochers.
Hamamélidacées — Hamamélis.
Iridacées — Crocus à fleurs jaunes, Crocus d’automne, Crocus printanier, Glaïeul commun, Glaïeul des moissons, Iris de sibérie, Iris des pyrénées, Iris fétide, Iris nain, Romulée de provence, Safran.
Juglandacées — Noyer commun.
Lamiacées — Galéopsis tétrahit, Lamier maculé, Lamier pourpre, Mélisse officinale.
Lauracées — Laurier noble.
Liliacées — Fritillaire des pyrénées, Fritillaire pintade, Gagée fistuleuse, Gagée jaune, Lis martagon, Lis orangé, Tulipe précoce, Tulipe sauvage.
Lythracées — Salicaire commune.
Malvacées — Guimauve officinale, Ketmie élevée, Lavatère annuelle, Lavatère maritime, Mauve alcée, Mauve musquée, Petite mauve, Rose trémière, Tilleul argenté, Tilleul à grandes feuilles, Tilleul à petites feuilles.
Méliacées — Neem.
Monimiacées — Boldo.
Moracées — Figuier commun, Mûrier blanc.
Moringacées — Moringa.
Myrtacées — Myrte commune, Rince-bouteille citronné.
Nymphéacées — Nénuphar blanc.
Oléacées — Lilas commun.
Onagracées — Circée de paris, Épilobe à feuilles de romarin, Épilobe des marais, Épilobe en épi, Épilobe hirsute, Ludwigie à grandes fleurs.
Orchidacées — Epipactis à larges feuilles, Ophrys abeille, Ophrys mouche, Spiranthe d’automne.
Paeoniacées — Pivoine officinale.
Papavéracées — Pavot douteux, Pavot hybride.
Pédaliacées — Griffe du diable.
Pinacées — Épicéa commun, Mélèze d'europe, Pin sylvestre, Sapin blanc.
Poacées — Panicaut sanguin.
Polygalacées — Polygale amère, Polygale à toupet, Polygale de montpellier, Polygale des alpes, Polygale du calcaire, Polygale du jura, Polygale vulgaire.
Polygonacées — Patience à feuilles obtuses, Patience crépue, Patience maritime, Renouée amphibie, Renouée bistorte, Renouée de bohême, Renouée du japon, Renouée liseron, Renouée persicaire, Sarrasin de tartarie.
Polypodiacées — Polypode austral, Polypode commun, Polypode intermédiaire.
Portulacacées — Pourpier potager.
Primulacées — Androsace septentrionale, Cyclamen de naples, Cyclamen d’europe, Glaux maritime, Hottonie des marais, Lysimaque commune, Lysimaque nummulaire, Lysimaque ponctuée, Mouron bleu, Mouron rouge, Primevère auricule, Primevère élevée, Samole de valerand, Trientale d’europe.
Ptéridacées — Capillaire de montpellier.
Renonculacées — Ancolie vulgaire, Anémone hépatique, Caltha des marais, Clématite des haies, Delphinium des champs, Hellébore fétide, Nigelle de damas, Renoncule âcre, Renoncule bulbeuse, Renoncule rampante, Trollius d’europe.
Rhamnacées — Bourdaine des alpes, Épine du christ, Jujubier, Nerprun alaterne, Nerprun des rochers, Nerprun purgatif.
Rosacées — Abricotier, Aigremoine eupatoire, Alchemille des alpes, Alchémille commune, Amandier, Benoîte commune, Cerisier sauvage, Églantier, Grande pimprenelle, Merisier à grappes, Pêcher, Poirier sauvage, Potentille dressée, Prunellier, Reine-des-prés, Sorbier des oiseleurs.
Rubiacées — Aspérule odorante, Gaillet blanc, Gaillet croisette, Noni.
Sapindacées — Marron d’inde.
Schisandracées — Badiane ou anis étoilé.
Scrofulariacées — Bouillon blanc, Molène à fleurs denses, Molène d’orient, Molène noire.
Smilacacées — Salsepareille.
Solanacées — Belladone, Coqueret du pérou, Morelle jaune.
Tropaeolacées — Capucine.
Ulmacées — Orme champêtre.
Urticacées — Grande ortie.
Violacées — Violette de montpellier, Violette odorante.
Vitacées — Vigne rouge, Vigne vierge.
Zingibéracées — Gingembre.
Zygophyllacées — Tribulus.
Sources
- Wikidata, entrées Q393336 « kaempferol » (formule brute, identifiant PubChem 5280863, clé InChI IYRMWMYZSQPJKC-UHFFFAOYSA-N) et Q4811191 « astragalin » ; formule développée et masse molaire calculées avec RDKit à partir de la structure publiée.
- Calderón-Montaño J.M., Burgos-Morón E., Pérez-Guerrero C., López-Lázaro M., « A review on the dietary flavonoid kaempferol », Mini Reviews in Medicinal Chemistry, 2011, 11(4), 298-344. PMID 21428901.
- Dabeek W.M., Marra M.V., « Dietary Quercetin and Kaempferol: Bioavailability and Potential Cardiovascular-Related Bioactivity in Humans », Nutrients, 2019, 11(10), 2288. PMID 31557798.
- DuPont M.S., Day A.J., Bennett R.N., Mellon F.A. et coll., « Absorption of kaempferol from endive, a source of kaempferol-3-glucuronide, in humans », European Journal of Clinical Nutrition, 2004, 58(6), 947-954. PMID 15164116.
- Mo Y., Nagel C., Taylor L.P., « Biochemical complementation of chalcone synthase mutants defines a role for flavonols in functional pollen », Proceedings of the National Academy of Sciences USA, 1992, 89(15), 7213-7217. PMID 11607312.
- Yin R., Han K., Heller W., Albert A. et coll., « Kaempferol 3-O-rhamnoside-7-O-rhamnoside is an endogenous flavonol inhibitor of polar auxin transport in Arabidopsis shoots », New Phytologist, 2014, 201(2), 466-475. PMID 24251900.
- Micek A., Godos J., Del Rio D., Galvano F. et coll., « Dietary Flavonoids and Cardiovascular Disease: A Comprehensive Dose-Response Meta-Analysis », Molecular Nutrition & Food Research, 2021, 65(6), e2001019. PMID 33559970.
- Holland T.M., Agarwal P., Wang Y., Leurgans S.E. et coll., « Dietary flavonols and risk of Alzheimer dementia », Neurology, 2020, 94(16), e1749-e1756. PMID 31996451.
- Okita K., Mizokami T., Yasuda O., Ikeda Y., « Acute kaempferol ingestion lowers oxygen uptake during submaximal exercise and improves high-intensity exercise capacity in well-trained male athletes », Physiological Reports, 2025, 13(9), e70369. PMID 40346019.
- Egert S., Rimbach G., « Which sources of flavonoids: complex diets or dietary supplements? », Advances in Nutrition, 2011, 2(1), 8-14. PMID 22211185.








