Polysaccharides
Les polysaccharides, qu’on appelle aussi polyosides, sont de longues chaînes de sucres simples attachés les uns aux autres. Les nutritionnistes réservent ce nom aux chaînes d’au moins dix unités ; en dessous, on parle d’oligosaccharides, et les sucres à une ou deux unités, comme le glucose ou le saccharose, forment une troisième catégorie. Les plantes en fabriquent pour se construire comme pour faire des réserves. Sur ce site, ils sont cités dans 196 fiches de plantes, en particulier chez les graminées, les orchidées, les mauves et les plantains.
I. Ce qui les rassemble
Un polysaccharide se définit par trois choses : la nature des sucres qui le composent, la longueur de la chaîne et la façon dont les sucres sont reliés entre eux. Ce dernier point, que l’on note alpha ou bêta selon l’orientation de la liaison, fait partie des critères de base de leur classement. S’y ajoutent des propriétés physiques qui comptent autant que la chimie : certains polysaccharides se dissolvent dans l’eau, d’autres gonflent ou forment un gel, d’autres encore s’organisent en fibres solides.
On peut les ranger en trois grands ensembles. Les polysaccharides de structure forment la paroi qui entoure chaque cellule végétale : la cellulose, les hémicelluloses et les pectines, trois groupes aux propriétés très différentes que la cellule assemble en une enveloppe à la fois solide et capable de s’étirer. Les polysaccharides de réserve stockent l’énergie : l’amidon, fait de deux polymères du glucose, l’amylose et l’amylopectine, et chez certaines familles les fructanes, dont l’inuline est le plus connu. Enfin, les mucilages sont des mélanges gélatineux de polysaccharides de paroi, que sécrètent par exemple les enveloppes de nombreuses graines.
II. Leur rôle dans la plante
La paroi est la première raison d’être des polysaccharides. Elle donne à la cellule sa forme et sa solidité, tout en lui permettant de grandir : une revue de 2024 décrit comment la plante relâche le réseau de cellulose et de polysaccharides qui l’entoure pour laisser la cellule s’agrandir, sous le contrôle de ses hormones.
L’amidon, lui, se range en grains dans lesquels l’amylose représente, pour la plupart des amidons naturels, 5 à 35 % de l’ensemble ; l’amylopectine forme le reste de la trame du grain.
Les mucilages des graines ont des rôles plus subtils. Une revue de 2021 en avance plusieurs, dont certaines restent des hypothèses : aider la graine à se disperser, par ses échanges avec le sol ou en réglant sa capacité à flotter ou à couler, la protéger lorsqu’elle traverse le tube digestif d’un animal qui l’a avalée, et surtout la garder hydratée quand l’eau manque, ce qui favorise la germination et l’installation de la jeune plante en conditions difficiles.
III. Ce que l’on sait chez l’être humain
L’amidon est en grande partie digéré dans l’intestin grêle. Les autres polysaccharides, que l’on regroupe sous le nom de polysaccharides non amylacés, le traversent presque intacts, tout comme une fraction de l’amidon dite « résistante ». Ils entrent ainsi dans la définition des fibres alimentaires, qui désigne les glucides échappant à la digestion dans l’intestin grêle. Arrivés dans le côlon, ils sont fermentés par les bactéries qui y vivent, lesquelles produisent des acides gras à chaîne courte. Ces petites molécules servent de source d’énergie et agissent comme des messagers sur des récepteurs de nos cellules.
Les fibres ont fait l’objet d’études très nombreuses. Une série de méta-analyses publiée en 2019 dans The Lancet, portant sur 185 études prospectives, qui suivent des populations dans le temps, et 58 essais cliniques, montre que les personnes qui mangent le plus de fibres ont 15 à 30 % de risque en moins de mourir, toutes causes confondues ou de maladie cardiovasculaire, et de développer une maladie coronarienne, un accident vasculaire cérébral, un diabète de type 2 ou un cancer colorectal. Les auteurs jugent ce niveau de preuve modéré. Ces chiffres viennent d’observations ; les essais cliniques, eux, montrent un poids, une pression artérielle et un cholestérol plus bas avec davantage de fibres. Le bénéfice le plus net apparaît entre 25 et 29 grammes par jour, une quantité que les adultes des pays nordiques, par exemple, n’atteignent pas en moyenne, d’après la revue préparée en 2023 pour leurs recommandations nutritionnelles.
Au-delà des fibres, certains polysaccharides de plantes médicinales retiennent l’attention des chercheurs pour leurs effets sur l’immunité. Une revue de 2020 attribue aux polysaccharides naturels des activités variées, sur le système immunitaire, la coagulation ou les graisses du sang, et souligne qu’elles dépendent étroitement de leur structure. Elle appelle à développer, à partir de ces molécules, des traitements préventifs ou curatifs.
IV. Précautions
Les polysaccharides font partie de l’alimentation de toujours, et les données disponibles plaident plutôt pour en manger davantage. Une précaution concerne les personnes traitées par lévothyroxine, l’hormone thyroïdienne de substitution : une revue systématique de 2021 relève des indices, encore limités, que les fibres en diminuent l’absorption, comme le café, le soja, le calcium ou le fer. Elle recommande de respecter un intervalle entre la prise du médicament et le repas. Plus largement, une personne sous traitement qui envisage un complément riche en polysaccharides, mucilage ou fibres concentrées, doit en parler à son médecin ou à son pharmacien.
Les plantes du site qui en contiennent
Cette liste reprend les fiches du site qui citent ce composé dans la composition de la plante. Si le texte ci-dessus contredit l’une d’elles, c’est lui qui fait foi : la fiche sera revue.
Les 196 fiches qui citent les polysaccharides sont rangées ci-dessous par famille. Chaque nom mène à la fiche de la plante.
Acanthacées — Andrographis.
Amaryllidacées — Ail à trois angles, Ail de la sainte-victoire, Poireau de vigne.
Apiacées — Bunium bulbocastanum, Dong quai, Laser de france, Opopanax chironium.
Aracées — Calla des marais, Gouet d’italie, Gouet tacheté.
Araliacées — Éleuthérocoque, Ginseng.
Arécacées — Palmier nain.
Asclépiadacées — Gymnema.
Asparagacées — Agave d'amérique, Sceau de Salomon commun, Shatavari.
Asphodélacées — Aloe vera, Asphodèle blanc.
Aspléniacées — Capillaire des murailles, Cétérach officinal, Scolopendre.
Astéracées — Arnica des montagnes, Centaurée des montagnes, Centaurée scabieuse, Échinacée à feuilles aiguës, Échinacée pourpre, Pissenlit tardif, Souci officinal, Tussilage.
Boraginacées — Bourrache officinale, Buglosse officinale, Consoude officinale, Pulmonaire officinale.
Brassicacées — Lepidium des champs, Moutarde blanche.
Burséracées — Boswellia, Guggul.
Campanulacées — Campanule à feuilles larges, Campanule à feuilles rondes, Campanule des cévennes, Campanule des murailles, Raiponce en épi.
Caryophyllacées — Lychnis visqueuse, Spergulaire rouge.
Combrétacées — Myrobolan chébule.
Convolvulacées — Cuscute du thym.
Crassulacées — Orpin blanc, Orpin élégant, Orpin réfléchi, Orpin téléphium.
Cucurbitacées — Bryone dioïque, Jiaogulan.
Cypéracées — Laîche des bois, Laîche faux-souchet, Laîche paniculée, Laîche pendante, Linaigrette à feuilles étroites, Linaigrette vaginée, Scirpe maritime, Souchet brun.
Dioscoréacées — Tamier commun.
Droséracées — Droséra à feuilles rondes.
Ericacées — Monotrope sucepin.
Fabacées — Astragale, Caroubier, Desmodium, Fenugrec.
Fucacées — Fucus vésiculeux.
Ganodermatacées — Reishi.
Iridacées — Romulée à petites fleurs.
Lamiacées — Basilic commun, Brunelle commune, Épiaire droite, Mélisse officinale, Tulsi.
Liliacées — Gagée des prés, Gagée fistuleuse, Lis martagon, Lis orangé.
Linacées — Lin cultivé.
Lythracées — Salicaire commune.
Malvacées — Guimauve officinale, Hibiscus des marais, Ketmie élevée, Lavatère annuelle, Lavatère maritime, Mauve alcée, Mauve musquée, Petite mauve, Rose trémière, Tilleul argenté, Tilleul à grandes feuilles, Tilleul à petites feuilles.
Moracées — Mûrier blanc.
Nymphéacées — Nénuphar blanc.
Omphalotacées — Shiitake.
Onagracées — Circée de paris.
Ophiocordycipitacées — Cordyceps.
Orchidacées — Céphalanthère blanche, Limodore à feuilles avortées, Ophrys abeille, Ophrys bécasse, Orchis bouc, Orchis brûlé, Orchis des marais, Orchis incarnat, Orchis mâle, Orchis militaire, Orchis pourpre, Orchis pyramidal, Orchis singe, Orchis tacheté, Orchis tridenté, Platanthère à deux feuilles, Platanthère verdâtre, Spiranthe d’automne.
Orobanchacées — Lathrée clandestine, Pédiculaire verticillée.
Papavéracées — Coquelicot.
Passifloracées — Passiflore.
Pinacées — Mélèze d'europe.
Plantaginacées — Grand plantain, Plantain à feuilles étroites, Plantain corne-de-cerf, Plantain des alpes, Plantain des sables, Plantain maritime, Plantain moyen, Plantain noirâtre, Plantain subulé, Psyllium blond.
Poacées — Agrostide stolonifère, Bambou géant, Blé dur, Blé tendre, Brize intermédiaire, Brize mineure, Brome dressé, Brome mou, Brome stérile, Canche flexueuse, Chiendent maritime, Chiendent rampant, Fétuque élevée, Fétuque ovine, Grand sorgho, Houlque laineuse, Ivraie enivrante, Maïs, Mélique ciliée, Molinie bleue, Orge cultivée, Pâturin annuel, Pâturin des prés, Ray-grass d’italie, Seigle cultivé, Stipe pennée, Vulpin des champs, Vulpin des prés.
Polygalacées — Polygale à toupet, Polygale des alpes, Polygale du calcaire.
Polygonacées — Renouée bistorte, Renouée de sakhaline, Sarrasin de tartarie.
Primulacées — Hottonie des marais, Lysimaque ponctuée, Trientale d’europe.
Ptéridacées — Capillaire de montpellier.
Renonculacées — Aconit tue-loup.
Rhamnacées — Jujubier.
Rosacées — Cerisier sauvage, Cognassier, Grande pimprenelle.
Rubiacées — Noni.
Santalacées — Gui commun.
Schisandracées — Schisandra.
Scrofulariacées — Bouillon blanc, Molène à fleurs denses, Molène blattaire, Molène d’orient, Molène lychnite, Molène noire, Molène royale, Molène sinuée.
Solanacées — Coqueret alkékenge, Coqueret du pérou, Pomme de terre.
Urticacées — Grande ortie.
Violacées — Violette de montpellier, Violette des bois, Violette odorante, Violette tricolore.
Zingibéracées — Curcuma.
Sources
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